ALOA – ALeRT Outre Atlantique

Le projet ALeRT connaît un nouvel essor géographique !

En effet, les outils ALeRT vont être adaptés sur l’île de Porto Rico grâce au montage de projet international et à un financement de la Maison des Sciences de l’Homme en Bretagne.

Les littoraux subissent depuis plusieurs décennies une évolution rapide et des risques accrus (érosion, submersion…) menaçant non seulement des populations actuelles mais aussi le patrimoine naturel et culturel côtier. Ainsi, des milliers de sites archéologiques et historiques sont chaque jour menacés de disparition, avec ce que cela suppose de perte du point de vue patrimonial et scientifique. En réponse à cette problématique, un programme de recherche et de science participative est développé depuis 2006 dans l’Ouest de la France et rayonne sur la façade atlantique de l’Europe, le projet ALeRT (Archéologie Littoral et Réchauffement Terrestre), dont les principaux objectifs sont la connaissance du patrimoine littoral, l’évaluation de sa vulnérabilité et des moyens d’intervention, la sensibilisation des communautés et des gestionnaires. Ce projet est porté par un groupe interdisciplinaire et interinstitutionnel de chercheurs ; forts de 10 années d’expérience régionale et nationale, ils proposent aujourd’hui de mettre leur démarche et les outils innovants déjà développés au service d’un programme, géographiquement plus étendu, en partant de l’Armorique pour aller vers l’Amérique, et plus précisément les îles de la mer des Caraïbes. « ALeRT Outre Atlantique » (ALOA) vise le développement d’une coopération internationale sur cette thématique, le terrain d’étude retenu étant l’île de Porto Rico avec Isabel Rivera Collazo pour la première phase (2017-18), qui pourra être étendu ensuite à plusieurs îles des petites et grandes Antilles.

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Prospections à l’île de Groix, du 2 au 5 mars 2017

Du 2 au 5 mars, une partie de l’équipe ALeRT, accompagné des prospecteurs bénévoles (et parfois inventeurs des sites) sera à l’île de Groix, pour une opération de prospections sur le littoral avec différents objectifs :

– Faire un relevé et une étude topographique de l’éperon barré de l’âge du Fer de Kervédan, par Hervé Duval, dans le cadre de sa thèse intitulée « Les sites fortifiés littoraux de la façade Manche-Atlantique de l’Europe : territoires, échanges et pouvoirs, au 1er millénaire avant notre ère » (Université de Rennes 1)

– Faire un relevé et une étude topographique du site mésolithique du Gorzed par Gaëlle-Anne Denat dans le cadre de son Master II à l’Université de Rennes 2 et Jorge Calvo Gomez, dans le cadre de sa thèse portant sur « Les systèmes techniques des chasseurs cueilleurs maritimes d’Europe Atlantique » (Université de Rennes 1)

– Faire un bilan sanitaire des sites menacés et connus depuis plusieurs années, par Chloë Martin en tant que chargée de coordination du projet ALeRT, et les 3 archéologues susmentionnés.

Tout ce travail ne pourrait être réalisé sans les découvertes des prospecteurs bénévoles, et des différents programmes de recherche qui ont existé et qui existent encore sur l’île de Groix.

Un hiver dans l’archipel de Molène… Des tempêtes et des sites (Finistère)

Par Henri Gandois

Un inventaire archéologique de l’archipel de Molène a été entrepris depuis plusieurs années via des prospections, sondages et fouilles. Les informations récoltées alimentent la problématique du peuplement de ces îles. En effet, hormis l’habitat de l’âge du Bronze ancien de Beg ar Loued sur Molène,  les autres îles de l’archipel ne livrent presque exclusivement que des structures funéraires et quelques amas coquilliers. De nouvelles données sur les structures d’habitats permettront d’atténuer la disproportion entre les monuments funéraires et les habitats ou indices d’habitats, ces derniers se trouvant multipliés par la découverte récente de nombreux barrages de pêcherie désormais totalement immergés pour la plupart. Cette dernière avait même fait qualifier l’archipel de Molène d’ « îles pour les morts » (Scarre 2011) où les peuplades du continent seraient venues enterrer leurs morts, les îles du couchant représentant une frontière symbolique entre le monde des vivants et celui des morts. Les dernières recherches et études sur cet archipel tendent à démontrer que, au contraire, les îles de l’Iroise étaient bien habitées par des populations sédentaires lors de la protohistoire et que les monuments mégalithiques sépulcraux (certainement mieux préservés en contexte insulaire que sur le continent) sont le témoignage des pratiques funéraires d’une population autochtone et pas celui d’ « îles pour les morts ».

Durant l’hiver 2013/2014, de nombreuses tempêtes avec des conditions météorologiques et marines extraordinairement énergétiques ont eu lieu sur les côtes atlantiques n’épargnant pas  l’archipel de Molène. À titre d’exemple, grâce à un levé au DGPS centimétrique (GPS différentiel) des laisses de mer sur l’île de Kemenez, il a été constaté que c’est 27% de sa surface qui a été submergée lors de la marée du 1er février 2014 ; durant cette même marée, le trait de côte ouest du Ledenez Vraz de Kemenez a reculé de plus de 11m en une nuit (Fig. 1, haut).

Fig. 1. En haut : vue générale du vieux sol apparu en une marée en février 2014 ; en bas à gauche : vue d’une fosse sub-rectangulaire vidée par la mer ; en bas à droite : vue d’une structure en pierres sèches aperçue dans la dune et détruite à la marée suivante

Des sites archéologiques sont donc apparus sur le littoral des îles de Trielen, Béniguet et Kemenez en Iroise. Des observations et interventions ont été réalisées en janvier, février et mars 2014 par Henri Gandois, soit moins d’un mois après les évènements, et ont permis de documenter des sites, bien qu’un certain nombre avait déjà disparu (détruits ou ré-ensablés).

Les milieux insulaires sont des contextes particuliers (difficulté d’accès, temps d’intervention souvent très court, zones protégées, diversité typologique des sites…) ce qui a des incidences sur les méthodes et les stratégies de fouilles ainsi que d’études, répondant à des besoins et des conditions particulières. Au total, 20 sites et indices de sites ont été mis au jour dans ces îles et îlots : 7 sur Kemenez, 6 sur Ledenez Vraz de Kemenez, 1 sur le Ledenez Vihan de Kemenez, 4 sur Trielen et 3 sur Béniguet. La surreprésentation de Kemenez et de ses Ledenez est à mettre en lien avec la présence d’un archéologue sur l’île lors des tempêtes (H. Gandois).

Une structure d’habitat néolithique sur Kemenez
Fig. 2. Vue zénithale de l’alignement de trous de poteaux du site n°54, en bas : vue non retouchée ; en haut : modification sous Photoshop pour faire ressortir les structures

L’estran sud a livré plusieurs taches subcirculaires marron brun et le dégagement du goémon et des quelques galets encore présents sur le vieux sol a permis de mettre au jour un alignement de structures en creux circulaires, dont 4 principales d’environ 70cm de diamètre moyen, sur un axe est-ouest parallèle à une microfalaise (fig. 2). L’ensemble a été relevé, et la plus grande partie a été étudiée en détail (fig.3). En tout, 441 pièces lithiques taillées, 4 macro-outils, 113 tessons de céramique, 21 carporestes (restes de graines et de fruits, dont du blé et de l’orge), quelques dizaines de charbons, 17 restes ichtyologiques (poissons) et plusieurs dizaines d’éléments malacofauniques (coquilles) ont été découverts (fig.4).

Fig. 3. Relevé de l’alignement du site 54 et des trous de poteaux
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Fig. 4. Exemples de mobilier mis au jour dans les trous de poteaux du site 54 ; a : TP3, perçoir en silex ; b : TP1, enclume en grès-quartzite légèrement rubéfiée et présentant un double impact ; c : TP1, céramique, fragment de panse arrondie ; d : TP4, caryopse d’orge polystique nue (Hordeum vulgare var. nudum).

Ces structures correspondent très vraisemblablement à un alignement de trous de poteaux, formant les restes d’un habitat. Le mobilier lithique ne permet pas de datation précise, cependant, les tessons de céramiques mis au jour sont datables du Néolithique, sans doute récent ou final. Deux datations sur graines sont en cours et permettront de préciser la distribution chronologique du site.

Une fosse détritique avec des restes humains sur l’estran sud de Kemenez

Ce site est connu depuis 2011 grâce à la présence d’un seul trou de poteau avec son dispositif de calage visible en coupe de microfalaise sur l’estran sud. Après le recul du trait de côte le 1er février 2014, cette structure en creux a disparu pour laisser place à une zone de terre noire et très organique (fig. 5) contenant quelques éléments fauniques (malacofaune principalement des Patella sp., de l’ichtyofaune et de la faune terrestre), ainsi que quelques artefacts lithiques et céramiques ; au sud, du côté estran, 3 petites taches subcirculaires avec plusieurs pierres plates plantées verticalement sur les bords faisaient penser à des trous de piquet.

Fig. 5. A gauche : vue du site 22bis le lendemain du coup de mer du 1er février 2014, la zone marron organique se détache nettement sur l’encaissant limoneux brun ocre, les possibles trous de piquets ont été cerclés de rouge ; à droite : vue du même site en cours de fouille en mars 2014

L’étude approfondie de ce site a permis plusieurs découvertes : structures s’apparentant à des trous de piquets ; une surface d’environ 1,5m² de terre marron très organique contenant de nombreux artefacts (objets façonnés par l’homme) et écofacts (produits par la nature). La partie supérieure de cette zone a été perturbée, une haussière de cargo était prise dans la partie inférieure de la terre végétale, montrant ainsi que de nombreuses tempêtes avaient déjà attaqué cet endroit. L’ensemble des éléments découverts tendait à montrer que cette structure s’apparentait à une fosse dépotoir (fig. 6) avec 7 trous de piquet alentour. Celle-ci avait un remplissage divers : 92 éléments lithiques, 91 tessons, 4677 restes ichtyologiques (dont 846 déterminés), 325 restes osseux de faune terrestre (39 déterminés), plus de 2kg de fragments de coquilles, 441 carporestes (304 déterminés) ainsi que des restes osseux humains en connexion partielle ont été découverts (fig. 7). Les 7 trous de piquet ont été étudiés, prélevés et tamisés et ont permis de distinguer : 37 éléments lithiques taillés, un macro-outil, 22 tessons de céramiques, presque 300 éléments de faunes terrestres et marins, plus d’une centaine de restes malacologiques et une graine (céréale indéterminée).

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Fig. 6. Relevé en plan et en coupe du site 22bis
fig. 7. Vue des ossements humains en connexion dans la coupe du site 22bis

Cet ensemble paraît être une fosse détritique composée d’un amas coquillier avec des restes fauniques, quelques éléments de céramique et lithique, ainsi que des charbons et des graines. Cependant, les 7 petites structures en creux sont plus difficilement interprétable (trous de piquets) notamment car seule une partie du site est connue (une partie a disparu et une autre n’est pas accessible). Nous sommes dans ce type de cas face à une « archéologie en miette », entre des éléments qui ont disparu et qu’il n’est donc pas possible de rattacher aux nouveaux éléments apparus et des potentiels éléments derrière la microfalaise qui pourraient compléter le plan général. Les prochaines tempêtes découvriront peut-être de nouvelles structures mais si c’est le cas, il ne fait aucun doute que toutes celles décrites ici auront disparu alors… L’ensemble n’est actuellement daté que par quelques éléments de chronologie relative : l’ensemble du mobilier lithique et céramique renvoie vers la fin du Néolithique ou le début de l’âge du bronze.

La découverte des restes carpologiques (NMI – nombre minimum d’individus – = 442) est relativement rare dans l’archipel et apporte donc un ensemble d’informations particulièrement riches pour la compréhension du paléoenvironnement de l’archipel. Les restes fauniques sont en attentes ou en cours d’études, et quelques éléments sont à souligner comme la présence de fragments osseux périnataux de caprinés et de bovidés, et des restes de faune sauvage (phoque, plongeon et peut-être pingouin).

La présence de restes humains partiellement en connexion est encore plus surprenante. Les restes humains anciens sont de manière générale très rares en Bretagne, du fait de l’acidité du sol désagrégeant très rapidement les restes osseux. Ce n’est qu’à la faveur de conditions très particulières que ceux-ci peuvent être conservés. Ici, la bonne conservation des restes humains et fauniques est due à la présence des os dans l’amas coquillier, le calcaire des coquillages augmentant considérablement le pH et réduisant ainsi l’acidité. Dans l’archipel de Molène, des restes osseux ont été mis au jour au cours de ces dernières années, mais la plupart datant de périodes sub-contemporaines ou modernes, les plus anciens en connexions datant du Haut Moyen Âge. Cependant, sur le site de Beg ar Loued (île Molène), des restes crâniens humains ainsi qu’une molaire avaient été mis au jour et dataient du début du IIème millénaire avant J.C.

Les autres sites

Sur l’île de Trielen, un paléosol avec un important mobilier lithique et céramique a été mis au jour en deux endroits de la côte nord. Au sud, dans ce même paléosol, un alignement de petites pierres d’environ 7m de long est apparu. Actuellement, l’interprétation de cet ensemble est difficile, mais il ne semble pas que ces pierres puissent avoir une fonction architectonique. Toujours sur cette même côte, une fosse a été dégagée en coupe de microfalaise, elle abrite les restes d’un bovidé vraisemblablement sub-contemporain.

L’Île Béniguet a livré deux nouveaux amas coquilliers, dont un (de par sa situation stratigraphique en coupe de microfalaise) pourrait remonter au Mésolithique (fig.8 en haut à droite) ce qui en ferait le plus ancien de l’Archipel. Le second est nettement plus important, deux prélèvements ont été effectués, le mobilier (dont une perle en test coquillier) se rattache à la transition Néolithique / âge du Bronze, vraisemblablement le Campaniforme.

Sur l’île de Kemenez et ses Ledenez, plusieurs autres sites ou indices de sites existent : un amas de débitage de silex ; une fosse rectangulaire profondément creusée dans le substrat limoneux brun ocre et abritant les restes d’un équidé en connexion et ceux d’un jeune suiné (fig.8 en bas) ; une fosse sub-rectangulaire totalement vidée par la mer avant intervention ; une structure indéterminée en pierres sèches apparue dans la dune et détruite à la marée suivante ; deux nouveaux affleurements à cupules ; des paléosols livrant du mobilier protohistorique (lithique taillé, céramique non tournée, macro-outillage…) ; plusieurs alignements de pierres plantées de chants, certains mégalithiques (fig. 8 en haut à gauche).

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Fig. 8. Quelques exemples d’autres sites apparus suite aux tempêtes de l’hiver 2014 ; en haut à gauche : alignement de pierres mégalithiques sur la côte est du Ledenez Vraz de Kemenez (Néolithique probable) ; en haut à droite : petit amas coquillier possiblement mésolithique en coupe de falaise nord de Béniguet ; en bas : fosse avec restes en connexion d’un équidé en cours de fouille et état fin de fouille (époque contemporaine)

Les amas coquilliers mis au jour dans l’archipel ont tous fait l’objet de prélèvements systématiques avec un tamisage à 2mm. Ces opérations fastidieuses mais très précieuses permettent d’étudier l’ensemble des éléments archéologiques (écofacts et artefacts) dont certains ne sont pas toujours visibles à l’œil nu, et qui donc se retrouvent facilement dans les déblais de fouilles. Grâce à ce type d’opération, de nombreuses informations sont sauvées tels que les restes de microfaune, de carporestes, ou bien encore les charbons qui permettent ainsi d’avoir des informations sur le paléoenvironnement.

Conclusion…

Le bilan de cette campagne de fouilles d’urgence en 2014 sur ces 5 îles et îlots en mer d’Iroise laisse un sentiment partagé. D’un point de vue scientifique, le maximum a été fait, compte tenu des moyens disponibles, pour tenter de sauvegarder les données, en revanche la plupart des sites en eux-mêmes sont extrêmement menacés et appelés à disparaître à très court terme si ce n’est pas déjà fait.

Il ne faut pas se leurrer, la majorité des résultats rassemblés ici sont uniquement dus à la chance d’avoir été présent sur place lors des tempêtes de début 2014, sans cela beaucoup de sites n’auraient pas été identifiés, comme cela a dû être le cas sur de nombreux points de la côte. Le facteur chance ne suffit malheureusement pas, ainsi des structures ont été mises au jour et ravagées pendant la même marée, ne laissant aucune chance pour les sauvegarder ou même les documenter. Avec l’expérience acquise sur le terrain, il faut insister sur la nécessité d’intervenir dans les délais les plus brefs et si possible immédiatement car la vitesse de disparition et/ou d’ensablement des sites est véritablement impressionnante. Mais il va sans dire que cette rapidité d’intervention ne peut que se heurter aux diverses formalités administratives requises.

Mais dans tous les cas il faut garder à l’esprit que s’agissant de sites d’estran, ils sont sous la menace permanente des tempêtes, ainsi le tertre funéraire du Néolithique moyen fouillé en 2010 (Gandois et al., 2013b) a au deux tiers disparu lors de l’hiver 2014 (Fig. 9). Ils risquent donc tous de disparaître à plus ou moins long terme lors des tempêtes hivernales, car à la fin c’est toujours la mer qui gagne…

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Fig. 9. Illustration des dégâts des tempêtes de l’hiver 2014 sur le tertre funéraire au nord du Ledenez Vihan de Kemenez ; en haut : MNT état fin de fouille, la partie violette représente ce qui a été emporté ; en bas : vue vers le sud, on peut retrouver les pierres indiquées en vert et en rouge sur le plan du haut

Ces sites sont suivis et étudiés notamment par Henri Gandois (UMR 8215, Trajectoires Université Paris 1 et membre associé UMR 6566, CReAAH – Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire), David et Soizic Cuisnier (exploitants de la ferme insulaire de Kemenez, prospecteurs bénévoles), Laura Berrio (UMR 8215, Trajectoires), Philippe Chambon (UMR 7041, ArScAn – Archéologies environnementales), Yvon Dréano (Ichtyologue, CRAVO – Centre de Recherche Archéologique de la Vallée de l’Oise), Ewen Ihuel (Service Archéologique Départemental de la Dordogne, UMR 7055, Préhistoire et Technologies), Laure Salanova (UMR 7055, Préhistoire et Technologie), Pierre Stéphan (UMR 6554, LETG – Littoral, Environnement, Télédétection, Géomatique), Quentin Favrel (UMR 8215, Trajectoires), Hélène Mahéo (Conservatrice de la Réserve Naturelle d’Iroise) et David Bourles (Garde de la Réserve Naturelle d’Iroise).


Pour aller plus loin :

DREANO Y., GIOVANNACCI S., DUPONT C., GRUET Y., HOGUIN R., IHUEL E., LEROY A., MARCHAND G., PAILLER Y., SPARFEL Y., TRESSET A. 2007. « Le patrimoine archéologique de l’île Béniguet (Le Conquet, Finistère). Bilan des recherches 2000-2007 ». Bulletin de la Société des Sciences Naturelles de l’Ouest de la France, nouvelle série, t. 29 n°3, « Quinze ans d’étude et de recherches sur la réserve de Béniguet », p. 161-172.

GANDOIS H., CHAMBON P. 2013. « Nouveaux restes osseux humains trouvés à Béniguet. Première datation ». In : Yésou P. et Jaouen Y. (dir.), Réserve de Béniguet, rapport scientifique et technique, saison 2012. Ministère chargé de l’environnement, Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, p. 26-32.

GANDOIS H. (dir.), STEPHAN P. et la collaboration de CUISNIER D., GLADU Y., LALLEMENT F., PRIOL H. 2013a. Rapport sur les prospections sous-marines et sur la zone d’estran en mer d’Iroise. Opération n°OA-1746, DRASSM (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines), 49 p.

GANDOIS H., PAILLER Y., STEPHAN P., NICOLAS C. 2013b. « L’érosion marine et ses effets sur les vestiges archéologiques en mer d’Iroise : exemple de l’impact de la tempête de mars 2008 sur l’île Kemenez et ses Ledenez (Le Conquet, Finistère, France) ». In : Daire M.-Y., Dupont C., Baudry A., Billard C., Large J.-M., Lespez L., Normand E. et Scarre C. (dir.), Ancient maritime communities and the relationship between people and environment along the European Atlantic coasts / Anciens peuplements littoraux et relations homme/milieu sur les côtes de l’Europe atlantique. Proceedings of the HOMER 2011 Conference, Actes du colloque HOMER 2011 (Vannes, 28 septembre-1er octobre 2011). Oxford, Archaeopress, British Archaeological Reports International Series 2570, p. 99-109.

GANDOIS H. avec la contribution de QUESNEL L. 2014. Rapport d’opération (fouilles archéologiques d’urgence en contexte d’estran) sur les îles de Kemenez et Trielen (Le Conquet, Finistère). Opération n°OA-2435, DRASSM (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines), 21 p.

GANDOIS H. (dir.), avec les contributions de BERRIO L., BLAISE E., DREANO Y., FONTANA L., IHUEL E., SALANOVA L., STEPHAN P. et la collaboration de BEDAULT L., CHAMBON P., CUISNIER D., HACHEM L., LEDUC C., PILIOUGINE C., RAFFIN A. 2015. Rapport d’opérations (fouilles archéologiques d’urgence en contexte d’estran) sur les îles de Kemenez, Béniguet et Trielen (Le Conquet, Finistère). Opération n°OA-2463, DRASSM (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines), 147 p.

PAILLER Y., GANDOIS H. (dir.), ASSOUS-PLUNIAN M., NICOLAS C., DONNART K., DUPONT C., DREANO Y., TRESSET A., DEBUE K. 2008. Programme Archéologique Molénais, Rapport n° 10 : prospections dans l’archipel de Molène (Finistère). Service régional de l’archéologie Bretagne, 42 p.

PAILLER Y., GANDOIS H., TRESSET A. (dir.) avec les contributions de BAILON S., BOURGARIT D., BOURY L., CALLOU C., CARIOLET J.-M., CARRION Y., CHAMBON P., DARBOUX J.-R., DAVID L., DEBUE K., DONNART K., DREANO Y., FICHAUT B., GOSLIN J., GUERET C., GONIDEC J.-P., LE CLEZIO L., LE GALL B., MARCOUX N., MARGUERIE D., MAYER A., NICOLAS C., PINEAU A., SALANOVA L., SELLAMI F., STAUB A., STEPHAN P., SUANEZ S. TROALEN L. 2009. Programme Archéologique Molénais, rapport n° 14, Beg ar Loued : un habitat en pierres sèches campaniforme / Age du bronze ancien, fouille programmée triennale (île Molène ; Finistère), 3ème année – 2009. Opération n° 2007 – 212, Service régional de l’archéologie Bretagne, 2 vol.

PAILLER Y., GANDOIS H., TRESSET A. (dir.), avec AUDOUARD L., DONNART K., FICHAUT B., GOSLIN J., JAUD M., JOSSELIN J., LE CARLIER C., NICOLAS C., SALANOVA L., STEPHAN P., SUANEZ S. 2011. Programme archéologique molénais, rapport n° 15, Beg ar Loued : un habitat en pierres sèches Campaniforme / Age du bronze ancien, fouille programmée du site de Beg ar Loued (île Molène ; Finistère). Opération n° 2006 – 13, 2 vol., Service régional de l’archéologie Bretagne, 91p. et 110p.

SCARRE C. 2011. Landscapes of Neolithic Brittany. Oxford, University Press, 326 p.

SPARFEL Y., PAILLER Y. (dir.), avec les contributions de CHAIGNEAU C., CHAURIS L., FICHAUT B., GOULETQUER P., STEPHAN P., SUANEZ S., TANGUY B. 2009. Les mégalithes de l’arrondissement de Brest, inventaire et essai de synthèse, Saint-Malo, co-édition Ce.R.A.A. (Centre Régional d’Archéologie d’Alet) et Institut culturel de Bretagne, 290 p.

L’allée couverte de l’île Coalen à Lanmodez (Côtes-d’Armor)

Par Elías López-Romero

L’allée couverte sur l’estran de l’île Coalen avait fait l’objet d’une reconnaissance par P.-R. Giot en 1971, qui parle brièvement du monument mégalithique dans les « Informations Archéologique » de Gallia Préhistoire (Giot 1971, p. 341). À cette époque, la seule mention de l’architecture du site est que le mégalithe avait perdu « ses tables », et dans le même temps, des tessons de poterie et des silex avaient été ramassés sur le vieux sol.

Jusqu’à aujourd’hui, le site n’a fait l’objet d’aucune étude approfondi des restes, la description la plus détaillée correspondant à l’inventaire des mégalithes de l’arrondissement de Lannion réalisé en 1991 par A. Marchat et M. Le Brozec. Ils donnent alors les mesures de l’ensemble (7,20 et 1,40 m) et le nombre de piliers conservés (3 à l’ouest et 6 à l’est ; Marchat et Le Brozec, 1991, p. 22). L’allée couverte de l’île de Coalen est constitué d’orthostates massifs, bien que plusieurs aient disparu tout comme la totalité des dalles de couverture du monument. Certains d’entre eux ont subi l’action des carriers, des traces d’extraction sont encore visibles.

Au premier plan (au centre et à droite) dalles exploitées pour l’extraction de pierre (Photo projet eSCOPES, E. López-Romero, 07/09/2014).

Le site est situé sur l’estran et subit l’action des marées. À marée haute, il est submergé d’environ 1m de hauteur. Les dynamiques liées a ces régimes des marées entraînent des cycles de dépôt / érosion de sédiments. La plupart des épisodes de dépôt / érosion concerne des arènes et marnes fines, typiques de cet environnement d’estran. Mais on a également observé (lors des différentes visites que l’on a pu faire en 2013 et 2014) le dépôt / érosion de petits galets tout autour du monument. Ces dynamiques hydrologiques provoquent l’exposition du vieux sol associé au monument, pendant certaines périodes. Sont alors visibles petites quantités de céramique, silex et charbon ; ces restes archéologiques sont particulièrement nombreux dans la partie est et sud-est du monument, la plus affectée par les mouvements et les dynamiques des marées.

La vulnérabilité du site est à mettre en relation avec deux variables principales. Tout d’abord, l’érosion naturelle : sur l’île de Coalen, cette érosion concerne le rythme soutenu des dynamiques hydrologiques liées aux marées, mais aussi le rythme plus rapide en lien avec les épisodes climatiques extrêmes (ex.: pluies intenses). Ces derniers n’ont, par contre, un effet profond sur le site que lorsque celui-ci est exposé à marée basse. Ensuite, l’action anthropique autour des vestiges : la zone est fréquentée a marée basse par les habitants avoisinant l’île, ainsi que par les ramasseurs de coquillages a certaines périodes de l’année (grandes marées). L’action anthropique sur le site est principalement liée au piétinement autour des vestiges archéologiques. Elle est tout de même limitée, à la fois par l’inaccessibilité de l’île à marée haute que par sa faible fréquentation.

Fréquentation du site par les riverains (Photo projet eSCOPES, E. López-Romero, 20/09/2013).

Une analyse numérique de l’érosion du site sur le long terme a été commencé dans le cadre du projet eSCOPES (projet Marie Curie-IEF 328753, resp. E. López-Romero, Durham University). Nous nous servons des principes de la photogrammétrie numérique d’un objet proche (Close-Range Photogrammetry), qui permet d’obtenir un levé tridimensionnel et métrique en détail des éléments à enregistrer. Dans un second temps, une analyse comparée des différents modèles obtenus pour chaque site nous permet d’évaluer les altérations qu’il a subies au cours du temps.

Parmi les logiciels qui permettent l’application de cette méthode nous avons utilisé Agisoft PhotoScan© qui consiste à appliquer la technique structure from motion (SfM), largement utilisée en archéologie et dans les études du patrimoine depuis quelques années maintenant. Dans la pratique, elle facilite énormément l’obtention de modèles 3D, puisqu’elle permet la restitution tridimensionnelle à partir d’images acquises depuis différents points de vue même en absence de paramètres de calibration de la caméra. En résulte une représentation avec des valeurs métriques tridimensionnelles qui peut être figurée de façon bidimensionnelle (ortho image) ou tridimensionnelle (modèle numérique tridimensionnel).


Pour plus d’informations :

LOPEZ-ROMERO E., MANANA-BORRAZAS P., DAIRE M.-Y., GUIMIL-FARINA A., 2014. « The eSCOPES Project: preservation by record and monitoring at-risk coastal archaeological sites on the European Atlantic façade ». Antiquity, 339.

Marchat A. et Le Brozec M. 1991. Les mégalithes de l’arrondissement de Lannion. Rennes, Institut culturel de Bretagne, Association des travaux du Laboratoire d’Anthropologie, Préhistoire, Protohistoire, Quaternaire. Université de Rennes 1, 102 p.

Giot P.-R. 1971. « Lanmodez à Informations Archéologiques Circonscription de Bretagne », Gallia Préhistoire, 14-2, p. 341.

Suivi archéologique du site de Sterflant à Hoedic (Morbihan)

Par Marie-Yvane Daire

Le site archéologique de Sterflant, sur le littoral sud de l’île d’Hoedic (Morbihan), fait l’objet d’un suivi depuis 2010, dans le cadre du projet ALeRT (Archéologie, Littoral et Réchauffement Terrestre), compte tenu de sa position très exposée et de sa dégradation régulière. Les principales opérations réalisées ont été une série de sondages et relevés sur les structures dégagées dans l’estran. La vulnérabilité de ce site face aux dégradations naturelles a conduit les chercheurs à engager une nouvelle opération de relevés, destinée à sauvegarder un certain nombre d’informations avant la disparition totale des vestiges visibles, en mai 2014 puis en novembre de cette même année.

Au cours de l’hiver 2010, un brutal épisode de dégradation du site a attiré l’attention de plusieurs personnes. En effet, lors de la tempête Xynthia des 27-28 février 2010, les dunes exposées au sud ont souffert et ont reculé de plusieurs mètres, délivrant des sols anciens, une zone à forte densité de coquillages avec quelques tessons de céramiques ; l’ensemble du dépôt archéologique apparut alors comme fortement menacé, par l’assaut de la mer lors des marées à fort coefficient mais aussi par le piétinement des promeneurs. Une opération de sondage s’ensuivit au mois de juillet 2010.

Le site de Serflant

Puis, à l’occasion d’une visite du site au printemps 2014, il fut possible d’évaluer les dégâts occasionnés par la nouvelle série de tempêtes de l’hiver 2013-2014 qui ont particulièrement affecté les sites exposés au sud-est. Le site de Sterflant nous est alors apparu sous un nouveau jour : alors que la zone des sondages de 2010 s’était plutôt rechargée en pierres et débris de toutes sortes, la face est de la pointe orientée vers la plage de Beudjeul et constituée d’importantes falaises dunaires avait subi un recul assez considérable laissant apparaître le gisement archéologique en plusieurs points, sur un linéaire côtier d’une centaine de mètres, de même que l’extrémité est de la plage de Port La Croix.

Une opération archéologique fut alors rapidement décidée pour le mois de novembre 2014. Ce nouvel épisode illustre une nouvelle fois la complexité des interventions archéologiques d’extrême urgence en contexte littoral. Outre une série de sondages en pied de falaise, un relevé au scanner 3D a été réalisé sur le site. En renouvelant régulièrement cette opération, il sera possible d’établir un suivi du recul de la dune à très haute résolution.

Relevé au scanner 3D du site de Sterflant par Yann Bernard (CNPAO) et Laurent Quesnel (UMR 6566 CReAAH).

Malgré leur caractère limité dans l’espace, dû notamment au statut du site, les recherches de terrain menées sur le site de Sterflant sont d’ores et déjà prometteuses. Elles démontrent en effet l’existence d’un site occupé pendant les dernières décennies de l’Indépendance gauloise, groupant activités artisanales et domestiques. Cette association entre un habitat et un atelier artisanal de production de sel d’origine marine répond à un schéma désormais reconnu comme « classique » des occupations littorales sur les côtes de la Manche et de l’Atlantique, entre autres sur le site de Port-Blanc, à Hoedic.


Pour en savoir plus :

DAIRE M.-Y., OLMOS P., LANGOUËT L., avec la collaboration de MONRÓS M., MOUGNE C., BERNARD Y., QUESNEL L., LARGE J.-M. et DUPONT C. 2015. « Sterflant, un site archéologique sous haute surveillance à Hoedic. Melvan », La Revue des Deux Îles, n°12, p. 187-198.


Note :

Le suivi archéologique régulier du site est dû à Pierre Buttin (Melvan) et Jean-Marc Large. Les opérations de relevé au scanner 3D ont été réalisées par Yann Bernard et Laurent Quesnel (CNPAO). Les opérations archéologiques, autorisées par le Ministère de la Culture (SRA Bretagne) et par le Conservatoire du Littoral, ont été coordonnées par Marie-Yvane Daire et Pau Olmos (CNRS, UMR 6566 CReAAH), avec la participation de Loïc Langouët, Txell Monros, Caroline Mougne et Emmanuelle Rogart.

Alerte à l’île du Bec, Lampaul-Ploudalmézeau (Finistère)

Par Marie-Yvane Daire

Le site archéologique de l’île du Bec sur la commune de Lampaul-Ploudalmézeau (Finistère), bien connu des archéologues de la région, fait l’objet d’un suivi irrégulier depuis de nombreuses années, et plus récemment dans le cadre du projet ALeRT, compte tenu de sa position très exposée et de sa dégradation régulière. Le site archéologique est caractérisé par des restes d’éléments de briquetages caractéristiques d’un atelier de bouilleurs de sel de la fin de l’âge du Fer.

Effondrement du bord de la dune en novembre 2015

La vulnérabilité de ce site face aux dégradations naturelles a conduit les chercheurs à engager une opération de « sondages » et relevés, destinée à sauvegarder un certain nombre d’informations avant la disparition totale des vestiges visibles, pendant l’année 2015. Les principales opérations réalisées ont été une série de relevés (manuel, au GPS différentiel et scanner 3D) ainsi qu’une prospection magnétique, notamment sur les structures dégagées en coupe de falaise dans l’estran et les structures associées localisées dans le bande intertidale (pêcheries).

Opération de relevé au scanner 3D par Yann Bernard (CNPAO) et Laurent Quesnel (UMR 6566, CReAAH)

Un suivi régulier est réalisé par Jean-Yves André et Hubert Arzel, l’opération est dirigée par Marie-Yvane Daire.


Pour aller plus loin :

Un article paru dans Le Télégramme le 10 avril 2016 « L’île du Bec. Un site hors du commun », réalisé par E. Gicquel.

L’Île de Sein (Finistère), le patrimoine dévoilé au gré des tempêtes…

Par Louis Dutouquet

Depuis octobre 2015, des observations bimensuelles par le bureau d’études HELP de la frange littorale de l’île de Sein ont permis de constater que :

– il y a d’importants mouvements de galets en haut d’estran sur certains secteurs de l’île,

– en phase de retrait des galets, des paléosols sont périodiquement découverts et révèlent souvent des vestiges archéologiques ou historiques : gisements lithique et céramique, amas coquilliers, alignement de pierres plantées, fours à goémon…

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Amas coquillier
Amas coquillier

Soumis à des conditions maritimes extrêmes, l’île de Sein est principalement protégée des assauts de la mer par les cordons de galets qui la ceinturent. Cependant, leur mouvement perpétuel endommage inévitablement les vestiges archéologiques qu’ils recouvrent. Pour préserver l’information archéologique avant qu’elle ne soit définitivement détruite, il est proposé de :

– procéder à l’enregistrement des structures et gisements révélés par l’érosion marine et d’évaluer leur degré de vulnérabilité (suivi ALeRT),

Localisation des sites archéologiques (LittoMatique)

– collecter, inventorier et identifier le matériel (lithique, osseux et céramique) récolté à la surface des paléosols,

– collaborer avec les géomorphologues pour mesurer l’ampleur des mouvements de galets et estimer leur impact sur les vestiges archéologiques sous-jacents.

Gisement lithique et céramique affleurant dans un paléosol
Amas coquillier
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Vestiges de monuments mégalithiques
Localisation des fours à goémons (LittoMatique), en lien avec le projet « Fours de goémoniers de Bretagne. Inventaire et valorisation d’un patrimoine côtier« 

Île de Groix

Dans le cadre du projet plusieurs opérations de prospections ponctuelles ont été réalisés sur des sites préalablement connus ou inédits et qui montrent tous les aspects des érosions littorales. Dans l’île de Groix, trois sites ont été repérés lors des prospections réalisés en 2007 : Port Quedoul, Port Mélite et Port Roed.

Port Quedoul

Lors d’une prospection, des structures ont été repérées en coupe de falaise (deux possibles trous de poteaux distantes d’environ 2 m avec un niveau brun associé). Quelques éléments mobiliers probablement d’époque gallo-romaine ont été collectés sur l’estran. Il s’agit d’une site inédit jusqu’à moment menacé par l’érosion naturelle de la falaise.

Port Quedoul ensemble

Port Mélite

L’existence d’un site protohistorique à Port Mélite était déjà connu depuis les années 1980, grâce à la découverte d’un lot de céramiques attibuable à La Tène finale. Cette occupation pourrait être associée avec un éperon barré de l’Age du Fer. Un muret en pierre sèche, signalé en 2006, avait été vu en falaise mais il a aujourd’hui disparu à cause de l’érosion de la falaise.

Port Melite Falaise. Cliché Marie-Yvane DairePort Mélite Falaise. Cliché: Marie-Yvane Daire

Port Roed

Au sud de l’île de Groix, un atelier de bouilleur de sel protohistorique avait été repéré par S. Bihan depuis plusieurs années, mais l’accélération de l’érosion côtière dans ce secteur fait apparaître des structures en coupe de falaise en cours de dégradation.

Port Roed ensemble. Cliché : Marie-Yvane Daire

Île de Triélen : archipel de Molène

Suivi archéologique sur l’île de Triélen : un site gaulois au péril de l’érosion 

Dans la continuité des recherches archéologiques engagées par Yvan Pailler et son équipe dans l’archipel de Molène depuis la fin des années 1990, un suivi archéologique particulier est assuré depuis plus de 10 ans sur l’un des sites de l’île Triélen. Ce site, particulièrement exposé montre une dégradation continue accélérée lors des épisodes de tempêtes, avec un recul de la micro-falaise évaluée entre 0,5 et 1 mètre par an sur cette portion de côte. Ce site, qui correspond à un établissement ‘gaulois’ (habitat et ancien atelier artisanal de production de sel), occupé au cours du second l’Âge du Fer (entre 450 et 50 av. J.-C.).

Four à sel de Trièlen. Clichés : Marie-Yvane Daire.

A défaut de pouvoir protéger le site de l’érosion, le suivi archéologique a pour objectif d’observer et d’enregistrer les informations relatives aux vestiges anciens. Les moyens mis en œuvre sont des relevés de coupe (photos, relevés stratigraphiques…), après nettoyage et redressement, et des petits sondages exploratoires limitées aux portions de la coupe déjà dégagées de leur couverture végétale ; ces sondages ont pour objectif une collecte d’échantillons (mobiliers archéologiques tels que des fragments de poteries, restes de faune ancienne : coquillages, ossements de mammifères, de poissons, etc…) qui, tamisés sur place à l’eau de mer, feront ensuite l’objet d’analyses plus approfondies.

Pour plus d’informations voir le diaporama Alert à Triélen