ALOA – ALeRT Outre Atlantique

Le projet ALeRT connaît un nouvel essor géographique !

En effet, les outils ALeRT vont être adaptés sur l’île de Porto Rico grâce au montage de projet international et à un financement de la Maison des Sciences de l’Homme en Bretagne.

Les littoraux subissent depuis plusieurs décennies une évolution rapide et des risques accrus (érosion, submersion…) menaçant non seulement des populations actuelles mais aussi le patrimoine naturel et culturel côtier. Ainsi, des milliers de sites archéologiques et historiques sont chaque jour menacés de disparition, avec ce que cela suppose de perte du point de vue patrimonial et scientifique. En réponse à cette problématique, un programme de recherche et de science participative est développé depuis 2006 dans l’Ouest de la France et rayonne sur la façade atlantique de l’Europe, le projet ALeRT (Archéologie Littoral et Réchauffement Terrestre), dont les principaux objectifs sont la connaissance du patrimoine littoral, l’évaluation de sa vulnérabilité et des moyens d’intervention, la sensibilisation des communautés et des gestionnaires. Ce projet est porté par un groupe interdisciplinaire et interinstitutionnel de chercheurs ; forts de 10 années d’expérience régionale et nationale, ils proposent aujourd’hui de mettre leur démarche et les outils innovants déjà développés au service d’un programme, géographiquement plus étendu, en partant de l’Armorique pour aller vers l’Amérique, et plus précisément les îles de la mer des Caraïbes. « ALeRT Outre Atlantique » (ALOA) vise le développement d’une coopération internationale sur cette thématique, le terrain d’étude retenu étant l’île de Porto Rico avec Isabel Rivera Collazo pour la première phase (2017-18), qui pourra être étendu ensuite à plusieurs îles des petites et grandes Antilles.

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Le site de Fouly, à Réville (Manche)

Par Henri Gandois

En juin 2016, une opération de sondage archéologique d’une durée de deux semaines (Gandois et al., 2016) a eu lieu sur l’estran dans l’anse de Fouly, le long de la commune de Réville, dans la pointe nord-est du Cotentin, Manche (fig. 1). Le potentiel archéologique de la zone était connu depuis au moins les années 50, mais à part une opération d’envergure sur un cimetière mérovingien à la pointe de la Loge (Scuvée, 1973), il n’avait donné lieu qu’à de petites opérations ponctuelles et à de nombreux ramassages de surface. Mise à part une occupation romaine avérée au sud de la pointe de Dranguet, les structures et le mobilier mis au jour alors laissaient places à des interprétations et surtout des attributions chronologiques assez variables allant d’un « Chalcolithique de type atlantique » (Scuvée, 1969, p. 279) à des « tombes vikings » (Boüard, 1964, p. 263 ; Scuvée et Verague, 1986, p. 187).

Fig. 1 – Localisation de la fouille dans l’anse de Fouly (source : Géoportail IGN).

Un récent désensablement de l’anse au début des années 2010 a permis de constater que de nombreuses structures en creux ainsi qu’un abondant mobilier archéologique étaient encore présents. Parmi les structures aperçues, certaines abritaient des éléments ligneux qui semblaient en très bon état de conservation, cependant leur exposition biquotidienne au rythme des marées les dégradait rapidement et il a donc été décidé de déposer une demande de sondage.

Lors de cette campagne, les moyens mécaniques ayant été interdits, seules quatre fenêtres de sondage ont été ouvertes pour une surface totale d’à peine plus de 120m2. En effet la situation du site à environ 4m au-dessus du zéro SHOM (Service Hydrographique et Océanographique de la Marine) impliquait qu’il était recouvert à chaque marée, même en période de mortes-eaux. L’absence de moyen mécanique empêchait toute tentative de protection sérieuse et il fallait donc se résoudre à voir les fenêtres de sondage recouvertes et ré-ensablées deux fois par jour. Au final ce sont cinq structures, trois fosses, un fossé et un puits qui ont été mises au jour, fouillées et datées. Les trois fosses sont attribuées au Bronze ancien (fig. 2), malheureusement elles avaient été vidées par les marées et n’ont donc livré aucun mobilier, si ce n’est des éléments intrusifs de la Seconde Guerre Mondiale. Les deux autres structures, fossé et puits sont elles datées du premier âge du Fer, le puits est particulièrement intéressant en raison de la parfaite conservation de ses éléments en bois (fig. 3), plusieurs ont pu être prélevé dont une échelle ; l’ensemble est encore en cours d’étude.

Fig. 2 – Relevés en plan et ortho-photographie reconstituée à partir d’un modèle photogrammétrique 3D des trois fosses du Bronze ancien (relevé A. Cantin et L. Gantier, DAO C. Farnié-Lobensteiner ; clichés H. Gandois)

La campagne de fouille 2016, malgré des moyens uniquement manuels forcément limités, a néanmoins permis de confirmer tout le potentiel archéologique de la zone, et même au-delà car d’autres structures avec des éléments ligneux nous ont été signalées à presque 1 500m au nord de l’anse de Fouly. L’étude géomorphologique a aussi permis de constater qu’au moins deux niveaux de sol sont conservés, l’un correspondant à une occupation attribuable au Bronze ancien ; l’autre, plus récent, reste à dater précisément. Cependant ces niveaux disparaissent rapidement, totalement arasés par la mer dès que l’on descend vers le bas de l’estran. Les structures en bois sont parfaitement bien conservées permettant d’être raisonnablement optimiste pour espérer en retrouver de nouvelles lors de fouilles futures. Enfin la présence importante de structures de l’âge du Fer (nombre d’entre elles pourraient être liées à une production de sel) ne laisse pas d’étonner étant donné que quasiment aucun mobilier de cette période n’avait été mentionné lors des opérations et ramassages précédents. Une opération de prospection à l’aide d’un magnétomètre couplé à un DGPS va être tentée en 2017 afin de tenter de repérer et de cartographier toutes les structures, mais également si possible d’identifier celles contenant encore des éléments ligneux.

Fig. 3 – En haut : relevé en plan de la fenêtre III après premier décapage du sable ; en bas : ortho-photographie reconstituée à partir d’un modèle photogrammétrique 3D du puits du premier âge du Fer de la fenêtre III (relevé : C. Odet-Kerhir et L. Dutouquet, DAO C. Farnié-Lobensteiner ; clichés H. Gandois)

Bibliographie :

BOUARD De M. 1964. Sépultures énigmatiques à Réville (Manche), Annales de Normandie, vol. 14 (2), p. 258-263.

GANDOIS H., MARCIGNY C. (dir.), avec les contributions de BERNARD V., DRÉANO Y., FARNIE-LOBENSTEINER C., LAFORGE M., ROUSSEAU L., et la collaboration de BILLARD C. et QUESNEL L. 2016. Rapport final d’opération de sondages, anse de Fouly, Réville, Cotentin (Manche), opération n°OA-2885, DRASSM, 119 p.

SCUVÉE F. 1969. Contribution à l’étude des niveaux de tourbe submergés des plages du Cotentin, Revue de la Manche, t. 42, p. 273-281.

SCUVÉE F. 1973. Le cimetière barbare de Réville (Manche), VIème – VIIème siècles, Fouilles 1959 – 1966, Caen, 250 p.

SCUVÉE F., VERAGUE J. 1986. Étude Géomorphologique des Formations Meubles Quaternaires de la Côte du Val-de-Saire (Basse Normandie). In P. Johnston, The Archaeology of the Channel Islands,  Chichester, Phillimore, p. 170-206.

2016

Suite à la publication du rapport « World Heritage and Tourism in a Changing Climate » le 26 mai 2016 par l’UNESCO (téléchargeable sur le site), de nombreux articles de presse ont été publiés, dont voici quelques exemples :

« Usan tecnología láser para analizar el impacto de la erosión del mar en 5 castros », un article de María Cuadrado – La Voz de Galicia, 19 novembre 2016

Rencontre avec un archéologue du littoral

« La Vendée, comme le reste de la façade atlantique, a été très abîmée par les nombreuses tempêtes qui se sont abattues l’hiver dernier. Ces dépressions à répétition grignotent le littoral, détruisent des sites archéologiques mais en font apparaître de nouveaux. Ex à l’île d’Yeu ».

La rencontre avec Jean-Marc Large est publiée par France Bleu, que vous pouvez retrouver ici.

Erratum : « Les dunes de Pors Hir ont reculé de trois mètres en une nuit. Une partie considérable d’un site de fabrication de briques datant de l’âge du fer, connu depuis 2000, a disparu du même coup » : le site de Pors Hir est un amas de briquetage, lié à la production de sel.

Brétignolles-sur-Mer : Le Marais Girard (Vendée)

Par Thomas Vigneau

Présentation du site
Fig. 1 – Localisation de l’opération au 250 000e

Localisé au sud-est de station balnéaire de Brétignolles-sur-Mer (Fig. 1), à environ 500 m du centre-ville, le site du Marais Girard s’étend sur l’estran entre la rive gauche du ruisseau de la Normandelière et le platier des Roches du Repos (Fig. 2 et 3). Il correspond à un paléo-estuaire associé à des séquences quaternaires dont la mise en place remonte au Pléistocène moyen ou supérieur.

Fig. 2 – Localisation de l’opération au 25 000e

La plage actuelle est située en contrebas d’un cordon dunaire en partie artificiel en arrière duquel se développe le vallon humide de la Garenne du Marais Girard. Exception faite de l’emprise occupée par la base nautique de la Normandelière, immédiatement située en arrière du rivage, cette basse plaine principalement vouée à l’agriculture reste peu impactée par les aménagements urbains et touristiques.

Fig. 3 – Le Marais Girard – synthèse cartographique

Toutefois, un projet de port de plaisance en eau profonde est actuellement en discussion sur la rive gauche du ruisseau de la Normandelière à proximité immédiate du site du Marais Girard. Il constitue une menace pour la conservation des séquences sédimentaires quaternaires dont l’intégrité est par ailleurs menacée par les démaigrissements récurrents subis par la plage.

Historique des recherches et contexte archéologique

Prospecté par R. Joussaume depuis la fin des années 1960, l’estran du Marais Girard a livré, au nord-ouest de la plage de la Normandelière, des traces d’occupation campaniforme (tessons de céramique à décor incisé et pièces lithiques issues de débitage côtier) sous la dune actuelle, dans des niveaux interprétés comme des limons éoliens (Joussaume 1970).

Suite à la mise en évidence du site (EA 85035 0002), des campagnes de prospection, principalement conduites sous l’égide du Groupe Vendéen d’Études Préhistoriques (GVEP), se sont multipliées sur le littoral brétignollais, notamment depuis la découverte en 1988, sur la plage voisine de La Parée, d’un gisement paléontologique à Elephas antiquus associé à une séquence tourbeuse vraisemblablement datée de l’interglaciaire Éémien (~ 132-122 ka BP).

Les nombreuses prospections conduites depuis près d’une trentaine d’années attestent la fréquence de sols organiques dont le démantèlement tend aujourd’hui à s’accentuer du fait d’une recrudescence de l’érosion marine. Le constat vaut particulièrement pour le site du Marais Girard où deux séquences tourbeuses, désignées T1 et T2 par leur inventeur (Labrude et al. 2000) ont été mises en évidence en 1995. La première (T1 / EA 85035 0030) est située dans la partie inférieure de l’estran, la seconde (T2) est visible plus haut sur la plage, au pied de la dune actuelle (Fig. 3).

Les données collectées sur les deux tourbières proviennent pour l’essentiel de prospections réalisées à la faveur de l’apparition fugace des paléosols organiques. Néanmoins, l’étude de ces séquences, plus particulièrement des niveaux se rattachant à T2, a depuis peu bénéficié de nouvelles données (notamment d’une datation radiocarbone) en lien avec les investigations réalisées à l’automne 2014 par l’Inrap lors d’un diagnostic préalable à la construction du port de plaisance (Raja et al. 2015 ; Rousseau et al. 2015). Par ailleurs, un programme d’études, initié en 2015 à l’occasion d’une prospection thématique (Vigneau 2016), est en cours pour restituer à travers un temps historique très long la dynamique paléogéographique de l’estuaire du Marais Girard.

Le site : état de la question

Au même titre que le site de la Parée, où des niveaux tourbeux pléistocènes et holocènes sont observés depuis le début du XXe siècle, le Marais Girard constitue un site privilégié pour l’étude des paléoenvironnements quaternaires.

La position stratigraphique des séquences organiques conduit à en attribuer l’origine à deux interglaciaires distincts – Holocène (Subboréal) pour les niveaux du haut de l’estran (T2), interglaciaire anté-wechselien (vraisemblablement Éémien) pour les niveaux situés plus bas (T1).

Située à une altitude légèrement inférieure au niveau marin actuel (vers -1,25 NGF), la tourbière T1 présente des macro-restes végétaux et notamment quelques troncs d’arbres couchés. Ces vestiges caractérisent un environnement palustre soustrait à l’influence saline, dont le développement s’est effectué au voisinage des plus hautes mers de l’époque, à une altitude supérieure de 2 à 3 m au niveau marin moyen. Compte tenu des cotes actuelles des pleines mers de vives eaux (autour de 6 m), on peut estimer que le site se rapporte à un niveau marin inférieur de 3 à 7 m au niveau actuel.

Une prospection effectuée en janvier 2001 sur le site a livré une molaire et quelques vestiges osseux attribuables à l’éléphant antique (Large 2008), accréditant ainsi l’hypothèse d’une tourbière antérieure à la fin de l’Interglaciaire Éémien, possiblement contemporaine du site de La Parée.

Le sommet de la tourbière est scellé par un sol hydromorphe de teinte gris-bleu, très compact, formé à partir d’argiles finement sableuses. Témoignant d’un contexte engorgé, ce Gley suggère un dépôt d’alluvions fluvio-marines attribuable à une phase de transgression marine. Il est coiffé par un horizon sableux consolidé par un ciment riche en oxydes ferriques, en lien avec un épisode régressif postérieur. On retrouve le Gley argileux à la base d’une micro-falaise située en haut de l’estran (Fig. 4), au pied de la dune artificielle (vers 3,50 m ~ 3,80 m NGF). La partie supérieure de cet horizon d’environ 50 cm d’épaisseur, a livré un lot de pièces lithiques constitué de galets aménagés et d’éclats laminaires retouchés selon une technique proche du débitage Levallois (Labrude et al. 2000). Cette industrie attribuable au Paléolithique moyen rend compte d’une occupation — sinon d’une fréquentation — du rivage par des groupes de Néandertaliens postérieurement à un maximum transgressif qui a atteint ou dépassé le niveau marin actuel. Le contexte stratigraphique de ces argiles plaide pour une attribution à l’Éémien.

Fig. 4 – Coupe 1, micro-falaise

Les argiles fluvio-marines sont recouvertes par des dépôts hétérométriques à matrice sableuse à limoneuse dont la base comporte une abondante charge de graviers et cailloux de quartz suggérant une mobilisation par solifluxion en contexte périglaciaire. Au vu de leur physionomie et de leur contexte stratigraphique, ces dépôts de pente peuvent être attribués au Weichéslien.

Fig. 5 – Pièces lithiques Marais Girard (cl. T. Taraud)

Ces dépôts de pente sont scellés par des limons vasards plus ou moins argileux attestant un contexte estuarien holocène. Le sommet de la séquence (vers 4,30 m NGF) présente un horizon tourbeux d’environ 30 cm d’épaisseur (T2). Il renferme des éclats de débitage en silex côtier (Fig. 5) qui sont à mettre en parallèle avec les pièces lithiques collectées sur le site depuis les années 1970 et attribuées au Campaniforme. Des traces d’araire et des empreintes de sabots de bovidés ou d’ovicapridés (Fig. 6), observées à la surface de la tourbière, témoignent d’un environnement palustre potentiellement exondé et investi par les activités agricoles et pastorales.

Fig. 6 – Empreintes de sabots de caprinés (2014 ; cl. M. Hillairet)

Le diagnostic effectué par l’Inrap à l’automne de 2014 a d’autre part révélé, en arrière du cordon dunaire artificiel, à quelque 200 m au sud-est de la tourbière T2, la présence de séquences tourbeuses datées de 3620 ± 30 BP (soit 2035~1900 cal. BC). Vraisemblablement équivalentes aux dépôts organiques du Marais Girard, ces dépôts sont aussi à mettre en parallèle avec la tourbière holocène (3600 ± 110 BP) située au sud de la plage de La Parée, à plus d’un kilomètre au nord-ouest. L’ensemble de ces paléosols rend compte d’un vaste environnement marécageux dont le développement, antérieur à la transition Néolithique final / Bronze ancien, s’est vraisemblablement effectué en arrière d’un édifice dunaire aujourd’hui démantelé.

Perspectives de recherche

Si les données collectées jusqu’alors attestent le fort potentiel archéologique du littoral brétignollais, la documentation ayant trait aux dépôts quaternaires du Marais Girard reste encore lacunaire. On ignore notamment la puissance du colmatage sédimentaire du paléo-estuaire dont la mise en place remonte au moins à l’interglaciaire éémien.

Une cartographie de la conductivité électrique du sol, par prospection électromagnétique, pourrait fournir des éléments d’appréciation de la profondeur d’apparition du substrat rocheux et de l’hétérogénéité des sédiments sus-jacents. Cette approche pourrait déboucher sur la définition d’une stratégie d’échantillonnage et sur la mise en oeuvre d’une campagne de carottages systématiques. Couplée à des datations radiométriques ainsi qu’à des analyses paléo-environnementales (sédimentologie, malacologie), cette démarche permettrait d’élaborer un modèle stratigraphique plus précis que celui qui peut être proposé aujourd’hui (Fig. 7).

Fig. 7 – Modèle chronostratigraphie

Pour plus d’informations :

JOUSSAUME R. 1970. « Nouveau site campaniforme en Vendée : le Marais-Girard, commune de Brétignolles », Bulletin de la société préhistorique française, 67-8, p. 243-245.

LABRUDE C., LARGE J.-M. et MANGEMATIN J. 2000. « Le Marais Girard à Brétignolles-sur-Mer (Vendée) : une nouvelle approche du site », Bulletin du groupe vendéen d’études préhistoriques, 36, p. 13-23.

LARGE J.-M. 2008. Le Marais Girard à Brétignolles-sur-Mer (Vendée), note inédite, 14 p.

ROUSSEAU J. (dir.), ARTHUIS R., GRASSET N., RICARD B. avec la collaboration de BOBET M., BRYAND J.-M. et FORRÉ Ph. 2015. Pays-de-la-Loire, Vendée, Brétignolles-sur-Mer, La Normandelière. Rapport final d’opération archéologique, Institut national de recherches archéologiques préventives Grand Ouest, 305 p.

RAJA Ph., ROUSSEAU J. et ARTHUIS R. 2015. Brétignolles-sur-Mer, Vendée, « La Normandelière ». Projet de Port : le chenal. Rapport final d’opération archéologique, Institut national de recherches archéologiques préventives, Direction Scientifique et Technique, Service des activités subaquatiques, 164 p.

VIGNEAU Th. 2016 (en cours). La Parée, Le Marais Girard, La Normandelière. Rapport d’opération d’archéologie sous-marine, Département de la Vendée.

La pointe de Grosse Terre, Corniche vendéenne à Saint-Hilaire-de-Riez (Vendée)

Par Lolita Rousseau et Henri Gandois

Présentation du site

Le site de la pointe de la Grosse Terre se situe en bordure de falaise, à l’extrémité sud de la « Corniche Vendéenne », sur la commune de Saint-Hilaire-de-Riez en Vendée (Fig. 1).

Fig. 1 – Localisation du site (d’après les cartes IGN et Géoportail ; D.A.O. L. Rousseau)

Il a été mis en évidence par E. Bocquier avec la découverte d’un tesson décoré au peigne en 1917 et d’un tesson à cordon préoral en 1929 (Joussaume 1981, p. 454). À cet endroit, une scie à encoches avait été mise au jour quelques années auparavant par M. Baudouin (Baudouin 1914). Dans les années 1950, C. Burnez signale la découverte d’un tesson décoré non loin à Sion (Burnez 1956). Par la suite, plusieurs prospections de surface ont livré d’autres vestiges campaniformes (lithiques et céramiques principalement), à l’image de celles effectuées par P. Péridy en 1972 (Péridy 1972 ; 1975) ou de N. Rouzeau en 1978 (Rouzeau 1978).

Enfin, une série de trois sondages de très petites dimensions a été menée par D. Longuet en 1981, afin de répondre à l’érosion très intensive du site et suite à l’apparition d’un foyer en bordure de falaise (Fig. 2). Un premier sondage de 6 m² a été réalisé au niveau des parcelles n°414 et n°417 (ex n°1359 et n°4936 selon le cadastre avant rénovation), puis deux autres (4 m² et 0,5 m²), plus au sud, effectués dans le but d’observer l’extension de l’occupation (Longuet et al. 1985).

Fig. 2 – Emprise de la fouille du site (d’après Longuet 1981 ; D.A.O. L. Rousseau)

Cette intervention a permis d’observer un niveau archéologique interstratifié dans la dune et qui a livré du mobilier campaniforme, bien que le foyer ne soit finalement pas associé à l’occupation (Longuet 1981 ; Longuet et al. 1985).

Présentation de la stratigraphie

Les diverses observations, faites sur le terrain lors des premières interventions et encore confirmées récemment par une visite in situ, permettent de proposer la séquence suivante (Fig. 3) :

  • le niveau dunaire actuel ;
  • une couche de sable orangé associée à un foyer et un épandage de pierre. Le tout n’a pu être daté ;
  • de nouveau un niveau de dune ;
  • le niveau archéologique campaniforme, d’une puissance d’une trentaine de centimètres, constitué d’un sable orangé induré ;
  • un autre niveau dunaire d’une épaisseur de 1 m ;
  • des argiles détritiques ;
  • et enfin le socle géologique composé de micaschistes.
Fig. 3 – Cliché et coupe schématique de la falaise à l’emplacement du site (cl. : H. Gandois et schéma d’après Longuet 1981)

Par ailleurs, la présence de certaines zones perturbées par l’établissement d’un blockhaus durant la Seconde Guerre mondiale doit être signalée (Longuet et al. 1985).

Des études géomorphologiques et sédimentologiques précises, sur des niveaux qui ont recelé des occupations campaniformes en stratification interdunaire, seraient à élaborer. En effet, aucun site côtier, à l’heure actuelle, n’a fait l’objet de telles études, alors que l’état de sédimentation sur le littoral est complexe et mériterait un regard précis.

Nature et chronologie du site

Toutes interventions confondues (prospections de surface et fouilles de sauvetage), le site a fourni une quantité très importante de mobilier archéologique, en effet, le nombre de tessons s’élève à près de 250 et le mobilier lithique à plus de 1100 pièces.

Le mobilier céramique issu de la fouille (Fig. 4) se compose de 130 tessons campaniformes assez fragmentés, dont des gobelets décorés (incisions, décors au peigne) et de la céramique commune (jarres à languettes, vases à cordons préoraux ; Longuet 1981). Lors de prospections réalisées par P. Péridy, quelques tessons ramassés semblent se rapprocher de l’Artenac (Néolithique final pré-Campaniforme ; Péridy 1975). En outre, la présence d’un vase à cordon arciforme renvoie, quant à lui, à l’âge du Bronze ancien.

Fig. 4 – Mobilier céramique issu des sondages de 1981 (d’après Longuet et al. 1985)

Le mobilier lithique issu de l’opération de sauvetage comprend 190 artefacts (Fig. 5). Il s’agit essentiellement d’éléments de débitage produits à partir de petits galets côtiers de silex, par percussion posée sur enclume. La fouille a livré dix-huit outils, dont huit grattoirs, deux éclats tronqués, une encoche retouchée, un perçoir, un éclat denticulé, un couteau à dos retouché, une armature de flèche à pédoncule et ailerons équarris, une probable ébauche d’armature perçante et une armature de flèche à tranchant transversal (malheureusement non découverte en place ; Longuet 1981). Lors des prospections de surface, un nombre très important d’éléments de débitage a été prélevé, ainsi qu’une armature tranchante, trois grattoirs, six éclats tronqués, un perçoir, un burin, deux racloirs, quinze éclats microesquillés, cinq éclats retouchés, soit 34 outils supplémentaires (Rouzeau 1978).

Fig. 5 – Mobilier lithique issu des sondages de 1981 (d’après Longuet 1981)

Ainsi la très grande majorité du mobilier diagnostique mis au jour lors des diverses opérations renvoie sans hésitation à la période campaniforme. En revanche, en l’absence de structures attribuables à cette période, les diverses interventions n’ont pas permis pour le moment de caractériser précisément le site.

Problématiques scientifiques

Une demande d’opération archéologique a été déposée auprès du SRA (Service régional de l’archéologie) des Pays de la Loire afin de réaliser une série de sondages à la pointe de la Grosse Terre, dans la parcelle BR-420 (Fig. 1). La problématique de la recherche s’articule autour de deux axes principaux avec un troisième en filigrane.

Il s’agit tout d’abord de sauvegarder un site victime de l’érosion, mais également des eaux de ruissellement qui « lessivent » régulièrement sa surface. Ces deux facteurs combinés ont pour conséquence de mettre à nu par endroits les couches archéologiques qui se trouvent ainsi fragilisées. Un rapide passage sur place en septembre 2015 a permis de constater que du mobilier archéologique protohistorique était directement visible sous le sable (Fig. 6). En moins de cinq minutes, ce sont pas moins de sept tessons (dont deux éléments de forme) et 25 pièces lithiques qui ont été rassemblés sur moins de 2 mètres carrés, confirmant ainsi tout le potentiel du site.

Fig. 6 – Vue in situ du mobilier archéologique (dans les cercles rouges) abondant à la pointe de la Grosse Terre en septembre 2015 (cl. H. Gandois)

Le deuxième intérêt majeur de cette demande concerne la caractérisation même du site et de son statut. En effet, il se voit classiquement attribuer le qualificatif d’habitat, au même titre que les nombreuses occupations campaniformes réparties le long le littoral vendéen (Joussaume 1981 ; Poissonnier 1990). Hormis des quantités parfois importantes de mobilier lithique et céramique, aucun élément structurant ne leur est généralement associé. Ce constat est probablement lié en partie au mode d’intervention effectué sur ces sites, qui se limite le plus souvent à un suivi de type prospection pédestre. Mais en revanche les fouilles effectuées sur le site littoral de la Passe de l’Écuissière à Dolus-d’Oléron ont déjà permis de mettre en évidence quelques éléments de structuration de l’habitat : muret en pierres sèches, palissade, trou de calage de poteau, etc. (Bougeant 2009). Il serait donc intéressant de voir si ces types d’éléments peuvent être identifiés sur le site de la Grosse Terre en haut de la corniche vendéenne, afin d’établir si ce site correspond à un site d’habitat structuré ou bien à un site lié quasi exclusivement à des activités spécialisées, par exemple des activités métallurgiques, cynégétiques/halieutiques côtières, ou encore de débitage. Cette intervention, combinée aux quelques informations que l’on possède déjà, permettra ainsi sans doute de préciser la forme que peut revêtir ce type de gisement.

Un dernier élément, plus ténu, motive également cette demande de sondage : la possibilité de découvrir d’éventuelles structures et/ou artefacts liés à la métallurgie du cuivre. Les traces de telles activités en contexte campaniforme en France sont extrêmement rares, voire totalement exceptionnelles, surtout si on les compare aux artefacts métalliques attribuables de façon certaine (poignards à languette, pointes de Palmela…) ou très probable (certaines haches plates) à cette culture. Néanmoins des fouilles récentes menées non loin de la Grosse Terre, dans l’anse de la République à Talmont-Saint-Hilaire ont permis de confirmer l’existence d’une métallurgie campaniforme en Vendée (Gandois et Rousseau 2015). Des fouilles minutieuses peuvent donc amener de nouveaux éléments, même infimes, sur cette problématique des débuts de la métallurgie sur la façade atlantique de la France. Si de tels éléments pouvaient être mis au jour à la pointe de la Grosse Terre, cela ferait du site un jalon incontournable pour les débuts de la métallurgie dans l’Ouest.


Pour aller plus d’informations :

BAUDOUIN M. 1914. « Nouvelles remarques sur la Pétrographie de la Station sous-marine de Saint-Gilles sur Vie (Vendée) », Bulletin de la Société préhistorique française, 11-8, p. 391-400.

BOUGEANT P. 2009. « L’habitat campaniforme de la plage de l’Écuissière à Dolus-d’Oléron (Charente-Maritime) ». In : Laporte L. (dir), Des premiers paysans aux premiers métallurgistes sur la façade atlantique de la France (3500-2000 av. J.-C.). Chauvigny, Association des Publications chauvinoises, p. 163-166.

BURNEZ C. 1956. « Nouveaux témoins de la civilisation des caliciformes dans les pays de l’Ouest ». Bulletin de la Société préhistorique française, 53 1-2, p. 48-50.

GANDOIS H., ROUSSEAU L. (dir.), avec les contributions de CUENCA SOLANA D., DUPONT C., FAVREL Q., GARNIER N., LAFORGE M., LE CARLIER DE VESLUD C., MAISONNEUVE T., RAFFIN A., VIGNEAU T. 2015. Rapport Final d’Opérations de sondages – L’anse de la République à Talmont-Saint-Hilaire (Vendée), Opération n° 2014-51. Nantes, Direction régionale des affaires culturelles et Service régional de l’archéologie des Pays de la Loire, 133 p.

JOUSSAUME R. 1981. Le Néolithique de l’Aunis et du Poitou occidental dans son cadre atlantique. Rennes, Université de Rennes I, Travaux du laboratoire d’Anthropologie, Préhistoire, Protohistoire et Quaternaire armoricain, 625 p.

LONGUET D. 1981. Pointe de Grosse Terre, Saint-Hilaire-de-Riez, rapport de sauvetage. Nantes, Direction régionale des affaires culturelles et Service régional de l’archéologie des Pays de la Loire [n.p.].

LONGUET D., PÉRIDY P., ROUZEAU N. 1985. « Le site campaniforme de la Pointe de Grosse Terre, commune de Saint-Hilaire-de-Riez (Vendée) », Études Préhistoriques et Protohistoriques, Pays de Loire, 8, p. 31-42.

PÉRIDY P. 1972. Rapport de prospections de surface sur la commune de St-Hilaire-de-Riez, Vendée. Lieu-dit : Pointe de la Grosse Terre, Corniche Vendéenne. Nantes, Direction régionale des affaires culturelles et Service régional de l’archéologie des Pays de la Loire, 4 p.

PÉRIDY P. 1975. « Céramiques décorées de Saint-Hilaire-de-Riez (Vendée) ». Annuaire de la Société d’Émulation de la Vendée, p. 106-107.

POISSONNIER B. 1990. « Le Chalcolithique ». In : Vital C., 150 années de découvertes archéologiques en Vendée – La Mort et le Sacré. Thonon-les-Bains, L’Albaron, p. 73-91.

ROUZEAU N. 1978. Le site de la Pointe de Grosse-Terre, Saint-Hilaire de Riez (85), rapport de prospection. Direction régionale des affaires culturelles et Service régional de l’archéologie des Pays de la Loire, 3 p.

Le dépôt coquillier de Ker Châlon, Île d’Yeu (Vendée)

Par Annabelle Chauviteau

La plage de Ker Châlon
Fig1
Fig. 1 – La plage de Ker Châlon, Île d’Yeu (Géoportail)

La plage de Ker Châlon se situe sur la côte nord de l’Île d’Yeu (Vendée, fig. 1), à l’est de Port Joinville et face au littoral vendéen. Cette plage a connu durant l’hiver 2013-2014 un retrait de son sable du fait d’une succession de fortes tempêtes (Chauviteau 2014). Ce retrait, qui a duré quelques semaines, a rendu apparent un paléosol organique (fig. 2) dans lequel était fiché du mobilier (vestiges lithiques, bris de céramique, os brisés, charbons, fig. 3a et3b). Des creusements anthropiques quadrangulaires et circulaires étaient visibles dans ce paléosol, vestiges non datés à ce jour (fig. 4a et 4b).

Fig2
Fig. 2 – Paléosol organique de la plage de Ker Châlon, hiver 2013-2014
Fig3
Fig. 3a – Mobilier de la plage de Ker Châlon, hiver 2013-2014
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Fig. 3b – Mobilier de la plage de Ker Châlon, hiver 2013-2014

Ce site se trouve en contexte organique lié à un paléo-estuaire ou un paléo-marais. Il a été étudié par Yann Le Jeune (Service Régional de l’archéologie) et Thomas Vigneau (Conseil Départemental de la Vendée) qui ont réalisé divers travaux en 2014 et notamment des sondages à la tarière (modèle stratigraphique, extension du paléosol, comparaison avec le Lidar Litto3D, etc.). Le rapport d’intervention et les rendus sont en cours.

Fig5a
Fig. 4a – Creusements quadrangulaires et circulaires, plage de Ker Châlon
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Fig. 4b – Creusements quadrangulaires et circulaires, plage de Ker Châlon
Le dépôt coquillier
Fig5c
Fig. 5. Emplacement du dépôt coquillier et de la zone avec paléosol organique, plage de Ker Châlon (Géoportail)

Plus à l’est (fig. 5), l’érosion marine a fortement perturbé le trait côtier entraînant un important recul de la dune qui s’accélère notablement depuis 2013 (fig. 6, 7 et 8). La coupe dunaire de plus de 4 m de hauteur montre ici différents horizons archéologiques (fig. 9).

Fig6
Fig. 6 – Dépôt coquillier, 14 novembre 2013
Fig7
Fig. 7 – Dépôt coquillier, 11 février 2014
Fig8
Fig. 8 – Etat de la dune le 10 mars 2016

Un niveau organique de couleur brunâtre s’intercale entre le platier rocheux et la dune sus-jacente. D’une épaisseur variant de 15 à 35 cm, il se caractérise par un corps sédimentaire de texture sablo-argileuse très induré comportant une forte proportion de graviers. Il est possible de visualiser ce paléosol sur presque l’ensemble de la frange côtière nord de l’île.

Fig9
Fig. 9 – Coupe de la dune de Ker Châlon (cl. Y. Le Jeune)

C’est dans cet horizon que se trouvait un dépôt coquiller d’environ 90 cm de largeur (fig .10) constitué en majeure partie de patelles (Patella vulgata), de moules (Mytilus sp.), de bigorneaux (Littorina littorea), d’os brisés et de charbon de bois. Une intervention d’urgence a été réalisée par le service du patrimoine municipal afin de sauvegarder les vestiges menaçant de partir à la mer éminemment. Le mobilier ainsi recueilli a été passé au tamis et conservé dans le dépôt archéologique municipal. Une petite partie de ce dépôt est toujours en place, pouvant potentiellement apporter quelques informations taphonomiques. Il est à noter qu’un horizon sableux recouvre ce dépôt coquillier, il s’agit ici de paléosols au sein de séquences, ils contiennent également des charbons et des coquilles (fig. 10).

Fig10
Fig. 10 – Dépôt coquillier, 11 février 2014

Une étude de la composition malacofaunique et autres restes fauniques du dépôt serait des plus intéressantes (exploitation de la malacofaune sur l’île, comportement opportuniste ayant exploité  toute la diversité de la malacofaune disponible dans l’environnement marin proche ou techniques de pêche plus complexes ?) et permettrait une  comparaison avec les dépôts et amas coquilliers de la région (Saint-Gildas par exemple) et en contexte insulaire (Hoedic, Molène, etc.). En plus, une datation au radiocarbone permettrait d’en apprendre d’avantage sur ces populations et l’époque où elles ont séjourné sur l’île (dépôt mésolithique ?).


Pour plus d’informations :

CHAUVITEAU A. 2014. Inventaire complémentaire des sites et du mobilier archéologiques, (Vendée, 85). Rapport de prospection-inventaire, Nantes, service patrimoine de la mairie de l’Île d’Yeu, Service régional de l’archéologie Pays de la Loire, 105 p.

DUPONT C. 2003. La malacofaune de sites mésolithiques et néolithiques de la façade atlantique : Contribution à l’économie et à l’identité culturelle des groupes concernés. Paris, Université de Paris I, Thèse de Doctorat, 542 p.

L’îlot Roc’h Santec (Finistère)

Par Pau Olmos-Benlloch

L’îlot de Roc’h Santec fait partie de l’ensemble d’îles et îlots du littoral de Santec (Finistère) et il est situé à 1,5 km de la côte. La difficulté d’accès fait que le site n’a pas souffert d’une importante pression anthropique et les vestiges présentent un bon état de conservation ; mais dans le même temps, cette contrainte gêne l’accès et le suivi de l’érosion régulière des restes archéologiques causée par les différents épisodes de tempêtes hivernales.

 Roc'h Santec

Au cours des différents passages sur le site, effectués avec la participation des archéologues amateurs (D. Roué, qui a découvert le site) en 2014 et en janvier 2015, deux zones prioritaires ont retenu notre attention : d’une part, l’occupation du Paléolithique Supérieur (azilien) ou du Mésolithique initial qui devait se situer dans l’abri formé par le rocher central et qui présentait une forte dégrée d’érosion ; et d’autre part, une occupation datant de l’époque gauloise (à préciser) et qui se situait sur la plateforme principale de l’îlot et caractérisée par la présence des alignements de murs d’un probable habitat littoral.

Étant alors un site archéologique encore inédit avec un fort potentiel archéologique, l’objectif de la campagne de 2015 fut la réalisation de différents sondages diagnostiques, afin de caractériser, circonscrire et dater les vestiges, en complétant les travaux de prospection menés par des archéologues amateurs. Cette intervention a mise en évidence la richesse et le potentiel archéologique du site de Roc’h Santec, mais aussi le bon état de conservation des niveaux d’occupation mésolithiques et gaulois. L’occupation la plus ancienne date du Paléolithique moyen (80 000 – 40 000 BC), grâce à la présence de traces de débitage Levallois dans les niveaux de sable éolienne déposés directement sur le socle granitique. Mais en tout cas, comme on avait pu identifier lors des opérations de prospection, l’occupation principale de l’île date du Mésolithique (groupe de Berthaume) et de l’âge du Fer.


Pour plus d’informations :

– À lire « Fouilles mystérieuses », dans le n°88 de Bretagne magazine de mars-avril 2016
– À visionner ici le reportage « Le Paléolithique mangé par la mer » de Sciences Ouest de mai 2015
– À visionner ici (à partir de 4’46) le reportage du Grand BaZH.art (France 3 Bretagne) du 24 avril 2017 sur la fouille de 2016.

Hiver 2013-2014

Intempéries. Le répit se fait attendre - Le Télégramme, 4 janvier 2014
Intempéries. Le répit se fait attendre – Le Télégramme, 4 janvier 2014
OF 07_01_14 (3)
Les tempêtes ont abîmé le littoral – Ouest France, 7 janvier 2014
OF 07_01_14
A Plougrescant, la maison d’Alain a presque les pieds dans l’eau – Ouest France, 7 janvier 2014
OF 07_01_14 (2)
Les tempêtes et les marées ont rongé le littoral – Ouest France 7 janvier 2014
OF 08_01_14
Avec la tempête, une centaine d’obus sur la plage – Ouest France, 8 janvier 2014
OF 09_01_14
Après la tempête, à La Torche on trouve de tout – Ouest France, 9 janvier 2014
OF 17_01_14
Deux mesures pour lutter contre l’érosion des côtes – Ouest France 17 janvier 2014
Chaque jour, la mer grignote la terre – La Croix, 14 janvier 2014
Ils redoutent les grandes marées plus que d’autres – Ouest France, 1er février 2014
Ce week-end, la Bretagne a perdu des hectares – Ouest France, 4 février 2014
La tempête Petra a fait de nombreux dégâts – 6 février 2014
[MORLAIX - 26] TB/NOR/PAGES ... 20/03/14
Santec, après les intempéries. Le Roc’h an Ered démembré ! – Le Télégramme, 20 mars 2014