Les Infos de Tébésud Morbihan du 12 mars 2014 présente un reportage tourné la plage du Lodo à Arradon.
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Lors de l’émission de TéléNantes 18h à savoir le mercredi 26 février 2014, la plateforme mobile ALeRT a été présentée, ainsi qu’une brève présentation général du projet ALeRT, de la problématique générale de la vulnérabilité du patrimoine archéologique et des effets des dernières tempêtes.
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L’archipel de Molène à l’ouest de la Bretagne est spécialement riche en sites préhistoriques. L’important nombre de menhirs et de structures funéraires néolithiques est l’une des caractéristiques principales de l’archipel, ce qui a même permis à certains de suggérer qu’il s’agissait là d’une grande nécropole, un archipel pour les morts, même si les dernières recherches montrent de plus en plus d’indices probants d’une occupation humaine pérenne sur ces îles. Il n’en demeure pas moins que l’archipel de Molène est l’une des principales concentrations en vestiges mégalithiques en Bretagne. Sur l’île de Kemenez, les prospections organisées au début des années 2000 par Y. Pailler et Y. Sparfel ont permis de repérer plusieurs monuments mégalithiques: sur l’île principale de Kemenez existent deux concentrations de mégalithes, la plus importante à la pointe de Beg ar Groac’h à l’ouest. Sur l’îlot de Lédénez Vihan, un tumulus et un alignement de dalles plantés ont été repérés. Au nord de cet îlot, suite aux grandes tempêtes du mois de mars 2008 David et Soizic Cuisnier, exploitants de la ferme insulaire, ont remarqué deux alignements de dalles de chant découverts par la houle. Ces alignements forment un ensemble mégalithique avec un coffre funéraire dans la partie centrale, ensemble fouillé par Y. Pailler, H. Gandois en 2010. Puis, suite aux grandes tempêtes du mois de février 2014 qui ont balayé tout le littoral breton et surtout la côte occidentale, l’alignement nord et le coffre ont totalement disparu. Certaines des dalles de l’alignement nord (de plusieurs centaines de kilos parfois) ne sont simplement plus visibles aux alentours, l’alignement sud, encore relativement protégé par les restes de micro-falaises a un peu mieux résisté. En même temps, la présence de l’archéologue Henri Gandois sur l’île pendant le passage de la tempête a permis d’assurer le suivi archéologique des sites et de constater l’apparition et disparition de sites archéologiques en une seule journée.
Au mois de mars de 2008, suite aux violentes tempêtes de 9 et 10 mars, le Service Régional de l’Archéologie de Bretagne a été informé des dégâts provoqués par les intempéries sur cette pointe de Séhar (Trédrez-Locquémeau). Le côte ouest du tombolo montre un recul du cordon de galets de 9 m tandis que le côté est, où se trouvent les structures archéologiques, a également été attaqué par de fortes vagues, qui ont eu par effet de mettre à nu le niveau de sol de l’Age du Fer. C’est pourquoi, une campagne de fouille programmée a semblé être la solution la plus adaptée en réponse à la vulnérabilité avérée de ce site.
Pour en savoir plus sur la fouille de Dossen Rouz :
DAIRE M.-Y. (dir.) 2011. Sur les rivages de la Manche…Le site de l’Age de Fer de Dossen Rouz à Locquémeau-Trédrez (Côtes d’Armor). Étude pluridisciplinaire, Saint-Malo, Les dossiers du Centre Régional d’Archéologie d’Alet n°AH, 159 p.
L’outil ALeRT a été aussi testé et appliqué dans d’autres régions européennes, notamment en la région de Galice dans la côte nord-ouest de la péninsule Ibérique, dans le cadre des projets de recherche Procesos de Formación y Cambio del Paisaje Cultural del Parque Nacional de las Islas Atlánticas de Galicia (HAR2010-22004, responsable: C. Sánchez-Carretero) et Bregantia – Patrimonio, arqueología litoral y vulnerabilidad: una aproximación interregional: Bretaña – Galicia (2010FR0003, CSIC-CNRS. responsables E. Lopez-Romero et M.-Y. Daire), en partenariat avec le Parc National des Iles Atlantiques de Galice. Dans le cadre de ces projets, des prospections archéologiques et l’étude de la vulnérabilité des sites ont été menés par le Instituto de Ciencias del Patrimonio (CSIC) en collaboration avec le Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire (CReAAH, UMR 6566). Les travaux de prospection se sont concentrés sur les archipels d’Ons, Salvora et Cortegada, occupés depuis la Préhistoire jusqu’à l’époque moderne. Le résultat des analyses de vulnérabilité montre une moindre présence des risques d’origine anthropique sur les îles par rapport à d’autres régions similaires grâce à leur situation au sein du Parc National et a l’absence d’infrastructures touristiques. Par contre l’érosion naturelle, soit par les effets de la mer, soit par l’érosion éolienne et biologique et par contre très active sur certains des sites analysés.
Dans le cadre du projet plusieurs opérations de prospections ponctuelles ont été réalisés sur des sites préalablement connus ou inédits et qui montrent tous les aspects des érosions littorales. Dans l’île de Groix, trois sites ont été repérés lors des prospections réalisés en 2007 : Port Quedoul, Port Mélite et Port Roed.
Lors d’une prospection, des structures ont été repérées en coupe de falaise (deux possibles trous de poteaux distantes d’environ 2 m avec un niveau brun associé). Quelques éléments mobiliers probablement d’époque gallo-romaine ont été collectés sur l’estran. Il s’agit d’une site inédit jusqu’à moment menacé par l’érosion naturelle de la falaise.
L’existence d’un site protohistorique à Port Mélite était déjà connu depuis les années 1980, grâce à la découverte d’un lot de céramiques attibuable à La Tène finale. Cette occupation pourrait être associée avec un éperon barré de l’Age du Fer. Un muret en pierre sèche, signalé en 2006, avait été vu en falaise mais il a aujourd’hui disparu à cause de l’érosion de la falaise.
Au sud de l’île de Groix, un atelier de bouilleur de sel protohistorique avait été repéré par S. Bihan depuis plusieurs années, mais l’accélération de l’érosion côtière dans ce secteur fait apparaître des structures en coupe de falaise en cours de dégradation.
Dans la continuité des recherches archéologiques engagées par Yvan Pailler et son équipe dans l’archipel de Molène depuis la fin des années 1990, un suivi archéologique particulier est assuré depuis plus de 10 ans sur l’un des sites de l’île Triélen. Ce site, particulièrement exposé montre une dégradation continue accélérée lors des épisodes de tempêtes, avec un recul de la micro-falaise évaluée entre 0,5 et 1 mètre par an sur cette portion de côte. Ce site, qui correspond à un établissement ‘gaulois’ (habitat et ancien atelier artisanal de production de sel), occupé au cours du second l’Âge du Fer (entre 450 et 50 av. J.-C.).
A défaut de pouvoir protéger le site de l’érosion, le suivi archéologique a pour objectif d’observer et d’enregistrer les informations relatives aux vestiges anciens. Les moyens mis en œuvre sont des relevés de coupe (photos, relevés stratigraphiques…), après nettoyage et redressement, et des petits sondages exploratoires limitées aux portions de la coupe déjà dégagées de leur couverture végétale ; ces sondages ont pour objectif une collecte d’échantillons (mobiliers archéologiques tels que des fragments de poteries, restes de faune ancienne : coquillages, ossements de mammifères, de poissons, etc…) qui, tamisés sur place à l’eau de mer, feront ensuite l’objet d’analyses plus approfondies.
Pour plus d’informations voir le diaporama Alert à Triélen
Dans cette zone, qui comprend les communes de Pénestin, Camoel, Férel, Arzal, Billiers, Ambon et Damgan (Morbihan) des sorties de terrain ont été réalisés afin de tester la grille de vulnérabilité et évaluer les risques naturels et anthropiques. L’estuaire de la Vilaine est choisi par la menace provoquée par l’élévation du niveau de la mer et les activités humaines. D’après les travaux de terrain, 22 sites ont été répertoriés, allant de la période Mésolithique au Moyen-Age. L’étude la vulnérabilité réalisé montre une combinaison des facteurs anthropiques et naturelles en la protection des sites. Le présence d’infrastructures touristiques et des activités humaines est la menace anthropique principale, comme exemple quelques monuments mégalithiques ont été déplacés par action humaines, même si ce sont des monuments protégés. En ce qui concerne le facteur naturelle, l’élévation du niveau de la mer à cause du réchauffement terrestre, l’érosion éolienne et la manque de sédimentation de la Vilaine sont les principales menaces dans l’estuaire de la Vilaine.
Dans le cadre du projet ALeRT une inventaire et étude de vulnérabilité des sites archéologiques côtiers en presqu’île de Rhuys a été réalisé par Erik Schaeffer. Vingt sites archéologiques appartenant aux communes d’Arzon, Saint-Gildas-de-Rhuys et Sarzeau ont été répertories et ajoutés à la base de données ALeRT. Les sites ont une période d’occupation allant du Mésolithique à la période gallo-romaine. Il s’agit d’une zone riche en sites archéologiques surtout pour la période Néolithique et Age du Fer, avec des sites significatifs comme le tumulus Néolithique du Petit Mont. L’étude de la vulnérabilité montre une zone de risque autour du tumulus du Petit Mont, dont les sites de briquetage dans la falaise sont érodés par le facteur anthropique. Le risque principale des sites archéologiques dans la presqu’île de Rhuys est l’intense urbanisme et l’augment de tourisme.
Le projet ALeRT a été présenté dans le dossier « Spécial Tempêtes » de Bretagne Magazine (novembre-décembre 2013, n°74). Marie-Yvane Daire, archéologue et directrice de recherche au CNRS et coordinatrice du projet ALeRT depuis 2006, montre dans ce reportage la problématique de l’érosion littorale en Bretagne, la perte d’information patrimoniale et scientifique et l’importance de la collaboration de la société en la protection du patrimoine archéologique.