Alerte à l’île du Bec, Lampaul-Ploudalmézeau (Finistère)

Par Marie-Yvane Daire

Le site archéologique de l’île du Bec sur la commune de Lampaul-Ploudalmézeau (Finistère), bien connu des archéologues de la région, fait l’objet d’un suivi irrégulier depuis de nombreuses années, et plus récemment dans le cadre du projet ALeRT, compte tenu de sa position très exposée et de sa dégradation régulière. Le site archéologique est caractérisé par des restes d’éléments de briquetages caractéristiques d’un atelier de bouilleurs de sel de la fin de l’âge du Fer.

Effondrement du bord de la dune en novembre 2015

La vulnérabilité de ce site face aux dégradations naturelles a conduit les chercheurs à engager une opération de « sondages » et relevés, destinée à sauvegarder un certain nombre d’informations avant la disparition totale des vestiges visibles, pendant l’année 2015. Les principales opérations réalisées ont été une série de relevés (manuel, au GPS différentiel et scanner 3D) ainsi qu’une prospection magnétique, notamment sur les structures dégagées en coupe de falaise dans l’estran et les structures associées localisées dans le bande intertidale (pêcheries).

Opération de relevé au scanner 3D par Yann Bernard (CNPAO) et Laurent Quesnel (UMR 6566, CReAAH)

Un suivi régulier est réalisé par Jean-Yves André et Hubert Arzel, l’opération est dirigée par Marie-Yvane Daire.


Pour aller plus loin :

Un article paru dans Le Télégramme le 10 avril 2016 « L’île du Bec. Un site hors du commun », réalisé par E. Gicquel.

Colloque Survivre à la fin d’un monde du 16 au 18 novembre 2016

Le colloque Survivre à la fin d’un monde : perspectives historiques et géographiques se tiendra à Nantes du 16 au 18 novembre 2016 :

« L’histoire des grandes catastrophes naturelles qui ont marqué le vécu des populations et des sociétés humaines (submersion marine, tempête, cyclone ou typhon, séisme, volcanisme, tsunami, grandes sécheresses, etc.) participe de l’histoire complexe des relations des populations avec leur environnement et contribue aux évolutions sociales et culturelles de celles-ci.
Pour la période historique, la mémoire de ces évènements, individuelle et collective, a été transmise par des récits écrits et oraux, au travers de la tradition populaire et/ou scientifique.
Au cours des dernières décennies, les études géomorphologiques, géoarchéologiques et paléoclimatiques, permettent également d’en retrouver la trace sur le terrain, en remontant de plusieurs millénaires dans le temps.
Enfin, la maîtrise du risque environnemental étant devenue une des préoccupations majeures des politiques publiques contemporaines, l’expérience passée, plus ou moins récente, des catastrophes naturelles est interrogée pour servir de guide à l’action future. »

Plus d’informations sur le site internet

L’Île de Sein (Finistère), le patrimoine dévoilé au gré des tempêtes…

Par Louis Dutouquet

Depuis octobre 2015, des observations bimensuelles par le bureau d’études HELP de la frange littorale de l’île de Sein ont permis de constater que :

– il y a d’importants mouvements de galets en haut d’estran sur certains secteurs de l’île,

– en phase de retrait des galets, des paléosols sont périodiquement découverts et révèlent souvent des vestiges archéologiques ou historiques : gisements lithique et céramique, amas coquilliers, alignement de pierres plantées, fours à goémon…

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Amas coquillier
Amas coquillier

Soumis à des conditions maritimes extrêmes, l’île de Sein est principalement protégée des assauts de la mer par les cordons de galets qui la ceinturent. Cependant, leur mouvement perpétuel endommage inévitablement les vestiges archéologiques qu’ils recouvrent. Pour préserver l’information archéologique avant qu’elle ne soit définitivement détruite, il est proposé de :

– procéder à l’enregistrement des structures et gisements révélés par l’érosion marine et d’évaluer leur degré de vulnérabilité (suivi ALeRT),

Localisation des sites archéologiques (LittoMatique)

– collecter, inventorier et identifier le matériel (lithique, osseux et céramique) récolté à la surface des paléosols,

– collaborer avec les géomorphologues pour mesurer l’ampleur des mouvements de galets et estimer leur impact sur les vestiges archéologiques sous-jacents.

Gisement lithique et céramique affleurant dans un paléosol
Amas coquillier
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Vestiges de monuments mégalithiques
Localisation des fours à goémons (LittoMatique), en lien avec le projet « Fours de goémoniers de Bretagne. Inventaire et valorisation d’un patrimoine côtier« 

Un sondage archéologique a été réalisé en 2017 sur un des amas coquillier, sous la direction de Louis Dutouquet. Retrouvez ici un résumé ainsi que le rapport de l’opération !

La plage du rocher à Longeville-sur-Mer (Vendée)

Par Jean-Marc Large

Le site protohistorique de la plage du Rocher, à Longeville-sur-Mer, se révèle depuis 1972 au hasard des vents et des courants marins qui balaient le sable de l’estran et dégagent sporadiquement des structures. L’ensemble connu à ce jour est attribuable à la fin de l’Âge du Bronze et au tout début de l’Âge du Fer. Toutefois, les périodes plus anciennes ne sont pas absentes puisque l’on connaît aussi des éléments du Néolithique ancien sur cette partie de la côte.

Situation des différents sites

Quatre structures reconnues ont été découvertes et observées :

  • un grand enclos quadrangulaire ;
  • une structure ovalaire allongée à l’ouest de l’enclos ;
  • une structure trapézoïdale en bois ;
  • une fosse avec incinération.

1 – Un enclos avec dépôt funéraire

Le grand enclos quadrangulaire fut observé au cours de l’hiver 1972/1973 alors qu’une bande de sol ancien située sous le sable dunaire avait été dégagée par l’érosion. Deux levées de terre perpendiculaires à la ligne de rivage, distantes d’environ 28 m, étaient visibles. Une autre levée de terre semblait former le troisième côté d’un enclos de forme trapézoïdale ou rectangulaire dont le quatrième côté avait été érodé par les flots. L’absence de ce côté ne permet pas de savoir s ‘il existait une entrée pour accéder à l’ intérieur de l’aire ainsi aménagée. Les levées de terre avaient été effectuées en prélevant le matériau sur le pourtour de l’enclos . La tranchée d’extraction n’excédait pas 0,50 m de profondeur. Au nord, les hommes avaient entamé le substrat rocheux pour permettre une meilleure mise en place de l’enclos. Dans l’angle sud-est subsistait un foyer avec divers morceaux de bois calcinés qui supportaient quatre poteries juxtaposées et écrasées sur place. Deux contenaient des restes carbonisés humains. Les deux autres des ossements animaux (fig. 3, n° 1 à 3). Un autre foyer ovalaire était rempli de petites pierres calcaires. Il a livré quelques tessons et des restes de faune. L’étude des vestiges osseux dans les céramiques a montré la présence des restes d’un enfant d’environ 10 ans et d’un adulte. Alors que l’usage funéraire de l’enclos est incontestable, la position totalement excentrée de cette découverte peut faire penser qu’il s’agissait d’une utilisation secondaire.

Longeville - Plage du RocherLongeville - Plage du Rocher2

2- Une fosse ovalaire

La seconde structure, située à environ 300 m à l’ouest de l’enclos quadrangulaire, était une fosse ovalaire très irrégulière longue de 2 m, large d’1 m et profonde de 0,35 m. Elle contenait deux vases, hauts de 60 centimètres, l’un écrasé sur place (fig. 3, n° 4), l’autre décapité.

3- Une structure en bois (fig. 3, n° 5)

La troisième structure fut découverte en février 1975 à environ 500 m à l’est de l’enclos. Il s’agissait du soubassemenl d’un édifice en bois qui s’était conservé dans le bri. La surface enclose, de forme trapézoïdale, mesurait 2,80 m de longueur pour 1,60 m et 2,20 m de large. Les parois avaient été élaborées avec des planches jointives, maintenues à la base par une poutre à l’intérieur et par des planches posées de chant à l’extérieur. Ces dernières étaient confortées par la présence de pierres, de tailles variables, disposées sur tout le périmètre de la construction. L’absence d’interruption, qui peut correspondre au soubassement de l’édifice, ne permet pas de savoir si un accès était aménagé. La faible dimension de cette construction et la présence à l’est d’une incinération laissent supposer une utilisation funéraire.

Longeville - Plage du Rocher en 1975

4- Une urne funéraire (fig. 3, n° 6)

En janvier 1984, à 3,50 m à l’est de la structure précédente, fut découverte une petite fosse circulaire contenant une incinération. La fosse avait été creusée dans le bri et dans le calcaire sous-jacent L’urne déposée à l’intérieur contenait des ossements et des charbons de bois issus du nettoyage du foyer funéraire. La fermeture de l’urne devait être effectuée avec une pierre plate, mode de couverture d’ un des vases précédemment découverts. Le contenu, étudié par Jean-Paul Cros, montre que tous les os, à l’exception de deux fragments, appartenaient à un jeune adulte.

Longeville - Plage du Rocher 3

5- Après la tempête Xynthia (nuit du 27 au 28 février 2010), le recul important de la dune sur cette section de côte a permis d’observer une bande d’une dizaine de mètres de large qui laissait apparaître différents vestiges. En premier lieu, une série linéaire de 24 poteaux témoignent de l’installation d’une palissade de ganivelles en bois, sans doute en rapport avec la limite dunaire que l’on observait dans les années 1970. Dans le prolongement ouest de cette ligne de poteaux, plantés dans un vieux sol périglaciaire limono-sableux, une levée de terre matérialise la limite sud de l’enclos observé en 1972-1973. La levée a une longueur d’environ 30 m, terminée à l’ouest par une dépression envahie par le sable et pouvant matérialiser l’emplacement de la fouille 1973. De l’autre côté de cet emplacement, il semble que la levée prenne une direction orthogonale vers le nord, glissant sous la dune. Sur son côté est, cette levée fait manifestement un retour vers le nord, là encore disparaissant sous la dune. Au sommet de la levée, dans son tiers est, les restes d’une céramique, une jatte, a pu être dégagée. Les tessons ont été retirés en raison de leur vulnérabilité aux flots mais aussi aux engins mécaniques qui viennent pour reconsolider la dune.

6– À ceci, s’ajoute la découverte d’objets isolés dont une lame de hache en bronze à ailerons subterminaux, découverte par un prospecteur avec un détecteur de métaux.

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7– Lors d’une prospection récente, un grand placage d’argile fluvio-marine surmonté des restes épars de vestiges tourbeux était bien visible lors de la disparition du sable de la plage dans la partie est du site. Un fragment de bois a pu être daté au radiocarbone et a livré la date de 2326 ±40 soit l’intervalle 540-230 cal BC. Les installations humaines du premier Âge du fer étaient disposées en bordure d’un marais maritime sans doute protégé par un cordon dunaire.

Longeville - Plage du Rocher Est

Roc’h Louet (Côtes-d’Armor)

Par Pau Olmos-Benlloch et Catherine Dupont

L’îlot de Roc’h Louët se situe dans l’archipel d’Ollone, tout au bout du Sillon de Talbert (Pleubian ; Côtes-d’Armor). La présence de vestiges archéologiques avait été repérée par L. Dutouquet dans le cadre de ses recherches de terrain réalisées avec P. Hamon pour la confection de l’Atlas du Patrimoine Micro-insulaire Breton. Dans la partie nord de l’île un ensemble d’ossements humains datant du Moyen Âge (13ème 14ème siècle) avait été identifié plus ou moins en relation avec un amas coquillier. En 2015 un prélèvement dans l’amas coquillier et un redressement partiel de la coupe ont été réalisés, afin d’identifier la relation stratigraphique entre les ossement et l’amas. Le site a fait l’objet d’une autorisation de prélèvement de la part du DRASSM, l’étude archéomalacologique de ce prélèvement est en cours sous la direction de Catherine Dupont et Caroline Mougne (UMR 6566 CReAAH).

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À partir de cette étude, on constate que la tombe médiévale a été creusée dans le dépôt coquillier, ce qui a permis de conserver les ossements en bon état. Le redressement de la coupe montre que le squelette fut placé dans un fossé creusé dans l’amas et il est pourtant postérieur à la création du dépôt coquillier, daté par la présence de charbon du bois du 4ème – 2ème siècle avant notre ère. L’occupation protohistorique pourrait se situer plus à l’intérieur de l’île, mais aucune trace d’occupation n’est visible actuellement sur l’île. Ce constat peut être lié à l’important couvert végétal présent sur cette île. L’amas coquillier a été fortement endommagé par l’érosion côtière et risque de disparaître dans les prochaines années. En 2016 le site fera l’objet d’une suivi spécifique en collaboration avec Julien Houron, garde du littoral de la Réserve du Sillon de Talbert. 


Pour plus de renseignements :

Veuillez contacter la Maison du Littoral

Dutouquet L., Daire M.-Y. 2010. « Patrimoine naturel et culturel sur le littoral et dans les îles de Bretagne ». Bulletin de l’AMARAI (Association Manche Atlantique pour la Recherche Archéologique dans les Îles), n°23, p. 9-12.

Le site a fait l’objet d’une présentation dans Des Racines et des Ailes, à partir de la 24ème minute, émission diffusée le 30 mai 2012, visible ici !

Colloque RESCATE du 11 au 14 avril 2016

Le colloque international RESCATE : Del Registro Estratigráfico a la Sociedad del Conocimiento : el patrimonio Arqueológico como agente de desarrollo sostenible (ciudad y territorio) se tiendra du 11 au 14 avril à Cordoue.

Pau Olmos y fera une communication intitulée : « Patrimonio en riesgo y cambio climático: dos experiencias desde la arqueología participativa »

Pour plus de renseignements, consulter le site web du colloque

L’îlot Roc’h Santec (Finistère)

Par Pau Olmos-Benlloch

L’îlot de Roc’h Santec fait partie de l’ensemble d’îles et îlots du littoral de Santec (Finistère) et il est situé à 1,5 km de la côte. La difficulté d’accès fait que le site n’a pas souffert d’une importante pression anthropique et les vestiges présentent un bon état de conservation ; mais dans le même temps, cette contrainte gêne l’accès et le suivi de l’érosion régulière des restes archéologiques causée par les différents épisodes de tempêtes hivernales.

 Roc'h Santec

Au cours des différents passages sur le site, effectués avec la participation des archéologues amateurs (D. Roué, qui a découvert le site) en 2014 et en janvier 2015, deux zones prioritaires ont retenu notre attention : d’une part, l’occupation du Paléolithique Supérieur (azilien) ou du Mésolithique initial qui devait se situer dans l’abri formé par le rocher central et qui présentait une forte dégrée d’érosion ; et d’autre part, une occupation datant de l’époque gauloise (à préciser) et qui se situait sur la plateforme principale de l’îlot et caractérisée par la présence des alignements de murs d’un probable habitat littoral.

Étant alors un site archéologique encore inédit avec un fort potentiel archéologique, l’objectif de la campagne de 2015 fut la réalisation de différents sondages diagnostiques, afin de caractériser, circonscrire et dater les vestiges, en complétant les travaux de prospection menés par des archéologues amateurs. Cette intervention a mise en évidence la richesse et le potentiel archéologique du site de Roc’h Santec, mais aussi le bon état de conservation des niveaux d’occupation mésolithiques et gaulois. L’occupation la plus ancienne date du Paléolithique moyen (80 000 – 40 000 BC), grâce à la présence de traces de débitage Levallois dans les niveaux de sable éolienne déposés directement sur le socle granitique. Mais en tout cas, comme on avait pu identifier lors des opérations de prospection, l’occupation principale de l’île date du Mésolithique (groupe de Berthaume) et de l’âge du Fer.


Pour plus d’informations :

– À lire « Fouilles mystérieuses », dans le n°88 de Bretagne magazine de mars-avril 2016
– À visionner ici le reportage « Le Paléolithique mangé par la mer » de Sciences Ouest de mai 2015
– À visionner ici (à partir de 4’46) le reportage du Grand BaZH.art (France 3 Bretagne) du 24 avril 2017 sur la fouille de 2016.

Hiver 2013-2014

Intempéries. Le répit se fait attendre - Le Télégramme, 4 janvier 2014
Intempéries. Le répit se fait attendre – Le Télégramme, 4 janvier 2014
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Les tempêtes ont abîmé le littoral – Ouest France, 7 janvier 2014
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A Plougrescant, la maison d’Alain a presque les pieds dans l’eau – Ouest France, 7 janvier 2014
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Les tempêtes et les marées ont rongé le littoral – Ouest France 7 janvier 2014
OF 08_01_14
Avec la tempête, une centaine d’obus sur la plage – Ouest France, 8 janvier 2014
OF 09_01_14
Après la tempête, à La Torche on trouve de tout – Ouest France, 9 janvier 2014
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Deux mesures pour lutter contre l’érosion des côtes – Ouest France 17 janvier 2014
Chaque jour, la mer grignote la terre – La Croix, 14 janvier 2014
Ils redoutent les grandes marées plus que d’autres – Ouest France, 1er février 2014
Ce week-end, la Bretagne a perdu des hectares – Ouest France, 4 février 2014
La tempête Petra a fait de nombreux dégâts – 6 février 2014
[MORLAIX - 26] TB/NOR/PAGES ... 20/03/14
Santec, après les intempéries. Le Roc’h an Ered démembré ! – Le Télégramme, 20 mars 2014

Bibliographie : les travaux universitaires

SCHAEFFER E. 2010. Application du projet ALERT sur le littoral morbihannais et comparaison avec les autres programmes européens. Mémoire de Master 2 Archéologie et Histoire, Université de Rennes 2.


SCHAEFFER E. 2009. Inventaire diachronique et étude de vulnérabilité des sites archéologiques côtiers en presqu’île de Rhuys. Mémoire de Master 1 Archéologie et Histoire, Université de Rennes 2.