« La Vendée, comme le reste de la façade atlantique, a été très abîmée par les nombreuses tempêtes qui se sont abattues l’hiver dernier. Ces dépressions à répétition grignotent le littoral, détruisent des sites archéologiques mais en font apparaître de nouveaux. Ex à l’île d’Yeu ».
La rencontre avec Jean-Marc Large est publiée par France Bleu, que vous pouvez retrouver ici.
Erratum : « Les dunes de Pors Hir ont reculé de trois mètres en une nuit. Une partie considérable d’un site de fabrication de briques datant de l’âge du fer, connu depuis 2000, a disparu du même coup » : le site de Pors Hir est un amas de briquetage, lié à la production de sel.
Les changements climatiques touchent les zones côtières avec des effets diversifiés ; ainsi l’érosion littorale, combinée à certaines pressions anthropiques, affecte non seulement les systèmes naturels mais aussi l’ensemble du patrimoine culturel, historique et archéologique des côtes de la Manche et de l’Atlantique. Cette perte de patrimoine et de données scientifiques demandait à être prise en compte d’urgence.
Archipel de Molène, site le 19 mars 2015
La gravité et l’urgence de cette situation en France se doublent de certaines lacunes administratives. En effet l’érosion étant considérée comme un phénomène naturel échappant ainsi à la règle « destructeur-payeur », personne n’en porte la responsabilité et il n’y a pas ici de responsabilité légale, donc généralement pas de moyens juridiques, ni financiers pour des interventions d’urgence dans ce contexte.
Archipel de Molène, site le 22 mars 2015
Une démarche participative est engagée, permettant aux chercheurs mais aussi aux bénévoles de travailler en lien avec les archéologues. Afin de permettre aux observateurs de terrain de renseigner les informations concernant les sites menacés, une version web dédiée a été développée, sous la forme d’une base de données interactive. Plus récemment, la démarche a été élargie par la création d’une version mobile pour Smartphone ‘ALeRT Mobile’ qui intègre, d’une façon claire et simple, la grille d’évaluation de la vulnérabilité et la base de données. Nous ne pouvons que souligner et rappeler ici l’importance de ces réseaux de bénévoles sillonnant le terrain et, en l’occurrence, les côtes, de manière régulière et notamment à la suite d’épisode de tempêtes.
Le projet ALeRT (Archéologie, Littoral et Réchauffement Terrestre) est développé depuis 2006 au sein du CReAAH (Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire) par un groupe de chercheurs (archéologues, géographes, géomorphologues) investis dans les recherches en archéologie littorale et sensibilisés à la fragilité du patrimoine littoral, côtier et insulaire.
Très rapidement, ce groupe a développé une approche interdisciplinaire visant à l’élaboration d’un « modèle de vulnérabilité » du patrimoine culturel côtier, à travers une évaluation normalisée des risques, l’élaboration de cartes de vigilance et la mise en place de stratégies de recherche et d’action adaptées aux différentes échelles (du local au régional).
Plougrescant, Porz Hir (Cl. M.Y. Daire)
Le premier résultat a été l’élaboration d’un outil dédié, permettant d’évaluer la vulnérabilité des sites, sous la forme d’une grille d’évaluation normalisée et suffisamment simple pour être utilisable par différents types d’opérateurs (VEF = Vulnerability Evaluation Form).
Cet outil a été testé et appliqué sur un certain nombre de sites de l’Ouest de la France (notamment dans le cadre d’un partenariat avec le Conservatoire du Littoral et les gardes du littoral) ainsi que dans d’autres pays européens, notamment en Espagne dans le cadre d’un partenariat entre le CSIC (Consejo Superior de Investigaciones Científicas – Conseil supérieur de la Recherche scientifique) et le Parc national des îles de Galice. Des collaborations sont également en cours avec le projet eSCOPES: Evolving spaces: coastal landscapes of the Neolithic in the European Land’s Ends (Durham University, Royaume-Uni).
Le projet ALeRT a bénéficié jusqu’ici du soutien de la Fondation Langlois, de l’AMARAI (Association Manche Atlantique pour la Recherche Archéologique dans les Îles), du projet Bregantia (2010FR0003, CSIC-CNRS bilateral cooperation projects), et est soutenu par le CNRS. Dans le cadre du projet ARVOR (financé par la Région Bretagne, SAD v.2 – Stratégie d’Attractivité Durable, contrat post-doctoral 2012-2014 Université de Rennes 1), de nombreux développements ont été réalisés.
Depuis 2016, ALeRT bénéficie du soutien de la Fondation de France, permettant la poursuite et la mise en place de nouveaux projets.
Pour en savoir plus, présentation du projet ALeRT à Rennes en 2012.
Schéma de l’implication d’ALeRT, de l’interdisciplinarité et de l’action citoyenneRépartition des sites ALeRT (C. Martin ; fond de carte : Géobretagne)
Un enfoque participativo para la protección del patrimonio
El cambio climático afecta a las zonas costeras con diversos efectos; el más evidente son las tormentas, que muestran la fragilidad y vulnerabilidad no solo de los sistemas naturales costeros, sino también del conjunto del patrimonio cultural, histórico y arqueológico de la costa atlántica. Esta pérdida de datos patrimoniales y científicos solicita ser considerado como una emergencia. Por esta razón, desde el año 2006, el proyecto ALeRT (Arqueología, Litoral y Calentamiento Terrestre – Archéologie, Littoral et Réchauffement Terrestre) fue creado por un grupo de investigadores de la Unidad Mixta de Investigación 6566 CReAAH (Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences et Histoire), expertos en la investigación de la arqueología del litoral y conscientes de la fragilidad de este patrimonio.
Plougrescant, Porz Hir (Cl. M.Y. Daire)
Desde 2010, un enfoque participativo está activo, permitiendo a investigadores y voluntarios trabajar en colaboración con los arqueólogos. Para ello se ha desarrollado una aplicación web y una aplicación móvil, concebidas como una base de datos interactiva que permite a los observadores completar la información en los sitios amenazados: ubicación, descripción, evaluación de la vulnerabilidad, comentarios y fotos. La página web del proyecto ALeRT integra las diferentes herramientas Alert Web y Alert Mobile y permite a los usuarios registrarse en línea, ver los estudios de caso que ya se han hecho y estar al corriente de los estudios en curso y las actividades del proyecto.
Las herramientas han sido probadas en numerosos sitios del litoral atlántico de Francia, así como en Galicia, como parte de una colaboración entre el CSIC (Consejo Superior de Investigaciones Científicas) y el Parque Nacional de las Islas Atlánticas. Otras colaboraciones están actualmente en curso con el proyecto eSCOPES (Espacios en evolución: paisajes costeros del neolítico en el extremo de Europa – Evolving spaces: coastal landscapes of the Neolithic in the European Land’s Ends) de la Universidad de Durham (Inglaterra).
El proyecto ALeRT ha contado hasta ahora con el apoyo de la Fundación Langlois, la asociación AMARAI (Asociación Atlántica Mancha para la Investigación Arqueológica en las Islas – Association Manche Atlantique pour la Recherche Archéologique dans les Îles), el proyecto Bregantia (2010FR0003, proyectos de cooperación bilateral CSIC-CNRS), la Región de Bretaña, el aval del CNRS (Centro Nacional de Investigación Científica – Centre National de la Recherche Scientifique) y el aval del Ministerio de cultura y de comunicación. Desde 2016, los trabajos se están llevando a cabo gracias al apoyo de la Fondation de France, dentro del programa Quel littoral pour demain?
Esquema de la implicación del proyecto, de la interdisciplinariedad y de la acción ciudadanaDistribución de los sitios amenazados del proyecto ALeRT (C. Martin ; fuente : Géobretagne)
Parmi les sites de l’Île d’Yeu ayant livré des témoins d’occupation protohistorique, le site de la Pointe du Châtelet, inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques (MH) depuis 1986, présente les vestiges les plus remarquables et les plus spectaculaires.
Fig. 1 – Localisation générale
Localisé sur la côte méridionale de l’île (Fig. 1), le site, également associé au toponyme « La Redoute Romaine », est établi sur un promontoire rocheux naturellement protégé par des falaises d’une dizaine de mètres (Fig. 2). Il présente les vestiges d’un puissant rempart de plus de 3 m d’élévation dont l’empreinte sur le paysage est particulièrement marquante (Fig. 3, et voir infra Fig. 7 et 8). Construit en pierres et en terre – et probablement en bois – cet ouvrage défensif, partiellement fouillé, barre sur plus de 200 m de longueur la presqu’île du Châtelet, délimitant un espace de plus de 10 ha.
Fig. 2 – Vue aérienne de la Pointe de Châtelet (cl. J.-N. Guyodo)Fig. 3 – Topographie du site (d’après le référentiel Litto3D)
Un site mal connu
La documentation archéologique disponible provient essentiellement de prospections de surface. Composée de plusieurs collections, surtout privées, elle n’a fait l’objet d’aucune synthèse. Les données archéologiques les plus consistantes, bien que lacunaires, concernent l’architecture du rempart et proviennent d’un sondage de 18 m² réalisé en 1985 par N. Rouzeau (Fig. 4 et 5).
Fig. 4 – Vue du sondage de 1985 (cl. N. Rouzeau)
Partiellement fouillé, sur environ un mètre de profondeur, l’ouvrage défensif est constitué d’un talus présentant plusieurs lignes de parement de pierres présentant des traces de calage de poteaux, ce qui laisse supposer différentes phases de construction et la présence d’une palissade. La fortification est complétée par deux fossés : le premier, large d’environ 2,50 m à l’ouverture et probablement profond, est immédiatement situé en contrebas du talus, le second, plus modeste (moins d’un mètre de largeur et de profondeur), est placé en avant du premier.
Fig. 5 – Coupe transversale du rempart (D.A.O. N. Rouzeau et A. Levillayer)
Le mobilier céramique collecté à l’occasion de ce sondage atteste une occupation du site au cours de la Tène D. Toutefois, étant donné le caractère partiel et incomplet du sondage, cet horizon chronologique, bien que plausible, n’est pas nécessairement représentatif de la période d’utilisation du rempart dont la chronologie est probablement plus large.
Au reste, le mobilier lithique et céramique provenant des nombreuses prospections de surface effectuées sur le site témoigne d’une occupation plus précoce du site, au Bronze ancien et/ou au Néolithique final. Les ramassages de surface ont notamment livré des tessons à décor de cordon digité (Fig. 6), que l’on peut attribuer au Bronze ancien. Quant au corpus lithique, malheureusement en partie dispersé ou perdu, certaines pièces – armatures de flèche à pédoncule, à base convexe, à crans opposés – accréditent l’hypothèse d’une occupation du site dès le Néolithique final.
Fig. 6 – Céramique à décor de cordon digité (cl. A Chauviteau)
Un potentiel archéologique remarquable, mais menacé
Outre le rempart monumental, le site présente, en arrière d’une avancée rocheuse appelée « Le Petit Châtelet », un second talus de 21 m de longueur flanqué d’un fossé peu marqué d’environ 4 m de largeur et le long duquel s’organise un empierrement suggérant la présence d’une substruction.
Au centre de l’espace enclos, se situe une vaste dépression circulaire au centre de laquelle on perçoit un aménagement empierré (retenue d’eau ?). À l’ouest de la dépression, on peut aussi observer, sur une trentaine de mètres de longueur, un alignement de 23 pierres dressées.
Bien que protégé au titre des codes du Patrimoine et de l’Environnement, le site de la Pointe du Châtelet n’en subit pas moins une forte pression touristique, ce qui entraîne une dénudation des sols et une érosion préjudiciable à l’intégrité de ses vestiges immobiliers et mobiliers.
Un projet de prospection thématique interdisciplinaire
L’intérêt du site, l’ampleur de ses structures, mais également les menaces qui pèsent à terme sur sa conservation, justifient la mise en oeuvre de travaux visant à synthétiser et compléter les données existantes. Dans le même temps, l’étude du site soulève d’importantes difficultés méthodologiques.
La fouille du rempart supposerait la mise en oeuvre d’une longue tranchée transversale (de 25 à 30 m au moins). Par ailleurs, étant donné la puissance attendue de la stratigraphie – de l’ordre de 4 m au moins sous le talus – il conviendrait d’aménager plusieurs paliers de sécurité sur une largeur de 10 à 15 m. La réalisation de tels terrassements implique des moyens mécaniques, puisque l’on peut situer le cubage prévisionnel entre 250 et 450 m³… Or les mesures de protection qui s’appliquent au site interdisent cette option, ainsi que toute fouille extensive.
Ces contraintes conduisent à privilégier des approches moins pénalisantes sur l’environnement. Dans cette perspective, sont proposées des méthodes non intrusives destinées à cibler d’éventuelles investigations ultérieures sur des fenêtres limitées mais susceptibles de documenter la stratigraphie et la chronologie du site.
Démarche et méthodes envisagées
Le projet d’étude consiste en une prospection thématique interdisciplinaire articulée autour de 4 axes :
1 – Inventaire, récolement et étude des collections de mobilier
L’objectif est de produire une synthèse des données existantes et de caractériser les horizons chronologiques du site. On s’attachera en outre à localiser, aussi précisément que possible, la provenance des objets sur le site.
2 – Analyse détaillée de la micro-topographie du site
Ce volet se fondera sur l’analyse sur SIG (système d’information géographique) des données LiDAR (light detection and ranging) brutes acquises par l’IGN et le SHOM (service hydrographique et océanographique de la Marine) pour la réalisation du référentiel altimétrique Litto3D. Ce volet s’attachera à identifier des anomalies topographiques susceptibles d’indiquer des structures en creux et en élévation (Fig. 3, 7 et 8). Une analyse minutieuse de la topographie fournira en outre une grille de lecture complémentaire des prospections systématiques effectuées sur le terrain.
Fig. 7 – Analyse morphométrique du MNT (Litto3D)Fig. 8 – Vue 3D du site les données Litto3D (exagération du relief : 5x)
3 – Prospection géophysique
Compte tenu de la surface de l’éperon et du contexte géologique (substrat rocheux formé d’orthogneiss fortement diaclasé), est envisagée une cartographie de l’ensemble du site par prospection électromagnétique en considérant deux profondeurs d’investigation (0-1 m et 1-2 m). Celle-ci pourra rendre compte de la profondeur d’apparition du substrat rocheux et détecter la présence de zone de creux (diaclases, structures). Les zones les plus faciles d’accès feront l’objet d’une prospection magnétique en adoptant une profondeur d’investigation d’un mètre. Cette méthode, récemment employée avec succès sur d’autres sites de l’Île d’Yeu (Pointe de la Tranche, Ker Daniaud, Pointe du Port de la Meule), devrait permettre de discriminer structures archéologiques et structures naturelles.
4 – Prospection phyto-archéologique
Conjointement à la réalisation des prospections géophysiques, des relevés botaniques sont envisagés selon un carroyage systématique constitué d’unités d’enregistrement de 10 m de côté. La démarche vise à appréhender, à l’échelle du site, la distribution spatiale des espèces végétales selon leurs affinités écologiques. Étant donné le contexte pédologique (sols assez superficiels et plutôt bien drainés sur substrat rocheux), on s’attachera en particulier à étudier les occurrences éventuelles d’espèces affectionnant les sols frais voire humides, possiblement indicatrices de sols profonds et susceptibles de signaler la présence de structures en creux comblées. Conjuguée aux prospections magnétiques dont elle pourra faciliter l’interprétation, la méthode permettra en outre, au travers d’une cartographie des espèces protégées, de délimiter les secteurs incompatibles avec la mise en oeuvre de sondages archéologiques.
Sans préjuger des résultats des prospections de terrain, tant géophysique que botanique, on peut attendre de ces démarches des éléments d’appréciation de l’organisation spatiale du site et de ses potentialités archéologiques. On peut également en espérer des perspectives concrètes et réalistes pour la mise en oeuvre, à plus long terme, d’une stratégie de fouille pluriannuelle.
DAIRE M.-Y., MARTIN C., LÓPEZ-ROMERO E. 2018. « Le projet ALOA, perspectives caribéennes… ». Conf’ midi, Rennes (24 avril 2018).
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DUTOUQUET L. 2018. « L’île de Sein à l’Antiquité : une vie entre terre et mer ». Île de Sein (3 juillet 2018).
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MARTIN C. 2018. « ALeRT au chevet d’un patrimoine menacé ». Table-ronde et journée d’études Le Paléolithique en Finistère : actualité de la recherche, Plouhinec (24 mai 2018).
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2017
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DAIRE M.-Y., AOUSTIN D., BERNARD V., DUTOUQUET L., LE GALL F., LEROYER C., MARGUERIE D., MARTIN C., QUESNEL L. 2017. « Archéologie sur l’estran : approche interdisciplinaire du site de la plage de Plougasnou-Saint-Jean-du-Doigt (Finistère) ». Séminaire Archéologique de l’Ouest « Face à la mer » Actualité de recherches archéologiques littorales et marines d’Europe et au-delà…,Rennes (4 décembre 2017).
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MARTIN C. 2017. « Le littoral morbihannais : le projet ALeRT au chevet d’un patrimoine menacé ». Société d’Archéologie et d’Histoire du Pays de Lorient, Lorient (3 juin 2017).
MARTIN C. 2017. « Le littoral morbihannais : le projet ALeRT au chevet d’un patrimoine menacé ». Société Polymathique du Morbihan, Vannes (13 septembre 2017).
MARTIN C. 2017. « L’érosion sur les ateliers de bouilleurs de sel breton : apport du projet ALeRT sur des sites menacés ». Séminaire Productions et échanges : l’exploitation du sel au cours de la Protohistoire, Nantes (29 novembre 2017).
2016
DAIRE M.-Y., OLMOS P., LANGOUËT L., BERNARD Y., QUESNEL L. 2016. « Alerte à l’île du Bec, Lampaul-Ploudalmézeau (Finistère) ». Journée du « CReAAH », Archéologie, Archéosciences, Histoire, Rennes (02 avril 2016).
DAIRE M.-Y., in cooperation with LÓPEZ-ROMERO E., MARTIN C., OLMOS P. 2016. « Coastal communities uniting regionally to address common threats to their heritage: Europe’s ALeRT project (Archéologie, Littoral et Réchauffement Terrestre – Archaeology, Coasts and Climate Changes) ». US/ICOMOS – Climate Impacts: Creating Resilient Cities and Sites, Mobile (28 juillet 2016).
M.-Y. Daire, lors de sa présentation à ICOMOS (cl. US/ICOMOS)
DAIRE M.-Y., MARTIN C., avec la collaboration de FILY M., LE GALL F. 2016. « Quel devenir pour le littoral Manche-Atlantique et son patrimoine ? Apport de l’interdisciplinarité et de la science participative ». Animation de l’atelier « Anticiper et s’adapter aux effets du changement climatique en milieu littoral » avec ROBIN M. et BIORET F. Quels littoraux pour demain en Bretagne-Loire ? À la rencontre des chercheurs et acteurs du territoire, Brest (6-8 octobre 2016).
DAIRE M.-Y., MARTIN C., en collaboration avec LÓPEZ-ROMERO E., OLMOS P. 2016. « Le projet ALeRT : 10 ans d’action et de recherche au chevet du patrimoine littoral menacé ». Journée d’études de l’Adramar, Archéologie sous-marine au Ponant, actualité de la recherche, Saint-Malo (5 novembre 2016).
MARCHAND G., OLMOS-BENLLOCH P., BERNARD Y., MARTIN C., MOUGNE C., QUESNEL L., ROUÉ D. 2016. « Roc’h Santec Leton. Un abri sous-roche au milieu des flots ». Séminaire Archéologique de l’Ouest Quand la mer monte… Actualité de recherches archéologiques littorales et marines d’Europe et au-delà…,Rennes (30 novembre 2016).
MARTIN C., DAIRE M.-Y., LÓPEZ-ROMERO E., OLMOS P. 2016. « La poursuite du projet ALeRT grâce à la Fondation de France ». Journée du « CReAAH », Archéologie, Archéosciences, Histoire, Rennes (02 avril 2016).
MARTIN C., DAIRE M.-Y., LÓPEZ-ROMERO E., OLMOS P. 2016. « Archéologie du littoral. Témoignage patrimonial de la montée du niveau marin ». Survivre à la fin d’un monde : perspectives historiques et géographiques. Surviving the End of the World as we know it : Historical and geographical perspectives, Nantes (16-18 novembre 2016).
MARTIN C., avec les contributions de DAIRE M.-Y., LÓPEZ-ROMERO E., OLMOS P. 2016. « ALeRT – Archéologie, Littoral et Réchauffement Terrestre. Quel devenir pour le littoral Manche-Atlantique et son patrimoine ? Apport de l’interdisciplinarité et de la science participative ». Université du Temps Libre, Saint-Malo (9 décembre 2016).
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P. Olmos durant sa présentation au Landscape Archaeology Conference
2015
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DAIRE M.-Y., LÓPEZ-ROMERO E. 2012. « Managing the effects of coastal erosion on heritage : experiences from Western France ». Colloque de l’European Association of Archaeologists, Helsinki (29 août – 1er septembre 2012).
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LÓPEZ-ROMERO, DAIRE M.-Y., PROUST J.-N., REGNAULD H., PIAN S., SCHAEFFER E. 2011. « Le projet ALeRT une analyse de la vulnérabilité du patrimoine culturel côtier dans l’Ouest de la France ». Ancient maritime communities and the relationship between people and environment along the European Atlantic coasts / Anciens peuplements littoraux et relations homme/milieu sur les côtes de l’Europe atlantique, Vannes (27 septembre – 1er octobre 2011).
2010
« Le patrimoine archéologique du littoral et des îles de Bretagne ». Conservatoire du littoral de Bretagne, Plérin.
2007
DAIRE M.-Y., LÓPEZ-ROMERO E., et al. 2007. « ‘ALERT’ Coastal Project : an Under construction answer to the regional scale consequences of a universal threat ». Colloque de l’European Association of Archaeologists, Zadar (18-22 septembre 2007).
LÓPEZ-ROMERO E., DAIRE M.-Y. 2007. « El proyecto ‘ALERT’: un mapa de riesgos para la gestión y protección del patrimonio arqueológico litoral / ‘ALERT’ Project: a risk map for the management and protection of coastal archaeological heritage ». Actas del VII Congreso Ibérico de Arqueometria, Madrid (8-10 de octubre 2007).
2006
DAIRE M.-Y., MOLINES N., LÓPEZ-ROMERO E. 2006. « Érosion littoral et patrimoine culturel: mais que font les archéologues ? ». Congrès scientifique sur les environnements côtiers, Vannes (7 septembre 2006).
Localisé au sud-est de station balnéaire de Brétignolles-sur-Mer (Fig. 1), à environ 500 m du centre-ville, le site du Marais Girard s’étend sur l’estran entre la rive gauche du ruisseau de la Normandelière et le platier des Roches du Repos (Fig. 2 et 3). Il correspond à un paléo-estuaire associé à des séquences quaternaires dont la mise en place remonte au Pléistocène moyen ou supérieur.
Fig. 2 – Localisation de l’opération au 25 000e
La plage actuelle est située en contrebas d’un cordon dunaire en partie artificiel en arrière duquel se développe le vallon humide de la Garenne du Marais Girard. Exception faite de l’emprise occupée par la base nautique de la Normandelière, immédiatement située en arrière du rivage, cette basse plaine principalement vouée à l’agriculture reste peu impactée par les aménagements urbains et touristiques.
Fig. 3 – Le Marais Girard – synthèse cartographique
Toutefois, un projet de port de plaisance en eau profonde est actuellement en discussion sur la rive gauche du ruisseau de la Normandelière à proximité immédiate du site du Marais Girard. Il constitue une menace pour la conservation des séquences sédimentaires quaternaires dont l’intégrité est par ailleurs menacée par les démaigrissements récurrents subis par la plage.
Historique des recherches et contexte archéologique
Prospecté par R. Joussaume depuis la fin des années 1960, l’estran du Marais Girard a livré, au nord-ouest de la plage de la Normandelière, des traces d’occupation campaniforme (tessons de céramique à décor incisé et pièces lithiques issues de débitage côtier) sous la dune actuelle, dans des niveaux interprétés comme des limons éoliens (Joussaume 1970).
Suite à la mise en évidence du site (EA 85035 0002), des campagnes de prospection, principalement conduites sous l’égide du Groupe Vendéen d’Études Préhistoriques (GVEP), se sont multipliées sur le littoral brétignollais, notamment depuis la découverte en 1988, sur la plage voisine de La Parée, d’un gisement paléontologique à Elephas antiquus associé à une séquence tourbeuse vraisemblablement datée de l’interglaciaire Éémien (~ 132-122 ka BP).
Les nombreuses prospections conduites depuis près d’une trentaine d’années attestent la fréquence de sols organiques dont le démantèlement tend aujourd’hui à s’accentuer du fait d’une recrudescence de l’érosion marine. Le constat vaut particulièrement pour le site du Marais Girard où deux séquences tourbeuses, désignées T1 et T2 par leur inventeur (Labrude et al. 2000) ont été mises en évidence en 1995. La première (T1 / EA 85035 0030) est située dans la partie inférieure de l’estran, la seconde (T2) est visible plus haut sur la plage, au pied de la dune actuelle (Fig. 3).
Les données collectées sur les deux tourbières proviennent pour l’essentiel de prospections réalisées à la faveur de l’apparition fugace des paléosols organiques. Néanmoins, l’étude de ces séquences, plus particulièrement des niveaux se rattachant à T2, a depuis peu bénéficié de nouvelles données (notamment d’une datation radiocarbone) en lien avec les investigations réalisées à l’automne 2014 par l’Inrap lors d’un diagnostic préalable à la construction du port de plaisance (Raja et al. 2015 ; Rousseau et al. 2015). Par ailleurs, un programme d’études, initié en 2015 à l’occasion d’une prospection thématique (Vigneau 2016), est en cours pour restituer à travers un temps historique très long la dynamique paléogéographique de l’estuaire du Marais Girard.
Le site : état de la question
Au même titre que le site de la Parée, où des niveaux tourbeux pléistocènes et holocènes sont observés depuis le début du XXe siècle, le Marais Girard constitue un site privilégié pour l’étude des paléoenvironnements quaternaires.
La position stratigraphique des séquences organiques conduit à en attribuer l’origine à deux interglaciaires distincts – Holocène (Subboréal) pour les niveaux du haut de l’estran (T2), interglaciaire anté-wechselien (vraisemblablement Éémien) pour les niveaux situés plus bas (T1).
Située à une altitude légèrement inférieure au niveau marin actuel (vers -1,25 NGF), la tourbière T1 présente des macro-restes végétaux et notamment quelques troncs d’arbres couchés. Ces vestiges caractérisent un environnement palustre soustrait à l’influence saline, dont le développement s’est effectué au voisinage des plus hautes mers de l’époque, à une altitude supérieure de 2 à 3 m au niveau marin moyen. Compte tenu des cotes actuelles des pleines mers de vives eaux (autour de 6 m), on peut estimer que le site se rapporte à un niveau marin inférieur de 3 à 7 m au niveau actuel.
Une prospection effectuée en janvier 2001 sur le site a livré une molaire et quelques vestiges osseux attribuables à l’éléphant antique (Large 2008), accréditant ainsi l’hypothèse d’une tourbière antérieure à la fin de l’Interglaciaire Éémien, possiblement contemporaine du site de La Parée.
Le sommet de la tourbière est scellé par un sol hydromorphe de teinte gris-bleu, très compact, formé à partir d’argiles finement sableuses. Témoignant d’un contexte engorgé, ce Gley suggère un dépôt d’alluvions fluvio-marines attribuable à une phase de transgression marine. Il est coiffé par un horizon sableux consolidé par un ciment riche en oxydes ferriques, en lien avec un épisode régressif postérieur. On retrouve le Gley argileux à la base d’une micro-falaise située en haut de l’estran (Fig. 4), au pied de la dune artificielle (vers 3,50 m ~ 3,80 m NGF). La partie supérieure de cet horizon d’environ 50 cm d’épaisseur, a livré un lot de pièces lithiques constitué de galets aménagés et d’éclats laminaires retouchés selon une technique proche du débitage Levallois (Labrude et al. 2000). Cette industrie attribuable au Paléolithique moyen rend compte d’une occupation — sinon d’une fréquentation — du rivage par des groupes de Néandertaliens postérieurement à un maximum transgressif qui a atteint ou dépassé le niveau marin actuel. Le contexte stratigraphique de ces argiles plaide pour une attribution à l’Éémien.
Fig. 4 – Coupe 1, micro-falaise
Les argiles fluvio-marines sont recouvertes par des dépôts hétérométriques à matrice sableuse à limoneuse dont la base comporte une abondante charge de graviers et cailloux de quartz suggérant une mobilisation par solifluxion en contexte périglaciaire. Au vu de leur physionomie et de leur contexte stratigraphique, ces dépôts de pente peuvent être attribués au Weichéslien.
Fig. 5 – Pièces lithiques Marais Girard (cl. T. Taraud)
Ces dépôts de pente sont scellés par des limons vasards plus ou moins argileux attestant un contexte estuarien holocène. Le sommet de la séquence (vers 4,30 m NGF) présente un horizon tourbeux d’environ 30 cm d’épaisseur (T2). Il renferme des éclats de débitage en silex côtier (Fig. 5) qui sont à mettre en parallèle avec les pièces lithiques collectées sur le site depuis les années 1970 et attribuées au Campaniforme. Des traces d’araire et des empreintes de sabots de bovidés ou d’ovicapridés (Fig. 6), observées à la surface de la tourbière, témoignent d’un environnement palustre potentiellement exondé et investi par les activités agricoles et pastorales.
Fig. 6 – Empreintes de sabots de caprinés (2014 ; cl. M. Hillairet)
Le diagnostic effectué par l’Inrap à l’automne de 2014 a d’autre part révélé, en arrière du cordon dunaire artificiel, à quelque 200 m au sud-est de la tourbière T2, la présence de séquences tourbeuses datées de 3620 ± 30 BP (soit 2035~1900 cal. BC). Vraisemblablement équivalentes aux dépôts organiques du Marais Girard, ces dépôts sont aussi à mettre en parallèle avec la tourbière holocène (3600 ± 110 BP) située au sud de la plage de La Parée, à plus d’un kilomètre au nord-ouest. L’ensemble de ces paléosols rend compte d’un vaste environnement marécageux dont le développement, antérieur à la transition Néolithique final / Bronze ancien, s’est vraisemblablement effectué en arrière d’un édifice dunaire aujourd’hui démantelé.
Perspectives de recherche
Si les données collectées jusqu’alors attestent le fort potentiel archéologique du littoral brétignollais, la documentation ayant trait aux dépôts quaternaires du Marais Girard reste encore lacunaire. On ignore notamment la puissance du colmatage sédimentaire du paléo-estuaire dont la mise en place remonte au moins à l’interglaciaire éémien.
Une cartographie de la conductivité électrique du sol, par prospection électromagnétique, pourrait fournir des éléments d’appréciation de la profondeur d’apparition du substrat rocheux et de l’hétérogénéité des sédiments sus-jacents. Cette approche pourrait déboucher sur la définition d’une stratégie d’échantillonnage et sur la mise en oeuvre d’une campagne de carottages systématiques. Couplée à des datations radiométriques ainsi qu’à des analyses paléo-environnementales (sédimentologie, malacologie), cette démarche permettrait d’élaborer un modèle stratigraphique plus précis que celui qui peut être proposé aujourd’hui (Fig. 7).
Fig. 7 – Modèle chronostratigraphie
Pour plus d’informations :
JOUSSAUME R. 1970. « Nouveau site campaniforme en Vendée : le Marais-Girard, commune de Brétignolles », Bulletin de la société préhistorique française, 67-8, p. 243-245.
LABRUDE C., LARGE J.-M. et MANGEMATIN J. 2000. « Le Marais Girard à Brétignolles-sur-Mer (Vendée) : une nouvelle approche du site », Bulletin du groupe vendéen d’études préhistoriques, 36, p. 13-23.
ROUSSEAU J. (dir.), ARTHUIS R., GRASSET N., RICARD B. avec la collaboration de BOBET M., BRYAND J.-M. et FORRÉ Ph. 2015. Pays-de-la-Loire, Vendée, Brétignolles-sur-Mer, La Normandelière. Rapport final d’opération archéologique, Institut national de recherches archéologiques préventives Grand Ouest, 305 p.
RAJA Ph., ROUSSEAU J. et ARTHUIS R. 2015. Brétignolles-sur-Mer, Vendée, « La Normandelière ». Projet de Port : le chenal. Rapport final d’opération archéologique, Institut national de recherches archéologiques préventives, Direction Scientifique et Technique, Service des activités subaquatiques, 164 p.
VIGNEAU Th. 2016 (en cours). La Parée, Le Marais Girard, La Normandelière. Rapport d’opération d’archéologie sous-marine, Département de la Vendée.