Hiver 2013-2014

Intempéries. Le répit se fait attendre - Le Télégramme, 4 janvier 2014
Intempéries. Le répit se fait attendre – Le Télégramme, 4 janvier 2014
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Les tempêtes ont abîmé le littoral – Ouest France, 7 janvier 2014
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A Plougrescant, la maison d’Alain a presque les pieds dans l’eau – Ouest France, 7 janvier 2014
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Les tempêtes et les marées ont rongé le littoral – Ouest France 7 janvier 2014
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Avec la tempête, une centaine d’obus sur la plage – Ouest France, 8 janvier 2014
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Après la tempête, à La Torche on trouve de tout – Ouest France, 9 janvier 2014
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Deux mesures pour lutter contre l’érosion des côtes – Ouest France 17 janvier 2014
Chaque jour, la mer grignote la terre – La Croix, 14 janvier 2014
Ils redoutent les grandes marées plus que d’autres – Ouest France, 1er février 2014
Ce week-end, la Bretagne a perdu des hectares – Ouest France, 4 février 2014
La tempête Petra a fait de nombreux dégâts – 6 février 2014
[MORLAIX - 26] TB/NOR/PAGES ... 20/03/14
Santec, après les intempéries. Le Roc’h an Ered démembré ! – Le Télégramme, 20 mars 2014

Des sites archéologiques après la tempête

Parmi la succession de tempêtes de l’hiver 2013-14, celle, très violente, qui a eu lieu dans la nuit du samedi 1er février au dimanche 2 février 2014 a permis de montrer à nouveau la vulnérabilité de certaines portions de côte et l’importance du projet ALERT dans l’observation des sites archéologiques côtiers en danger et la préservation de l’information. Plusieurs ensembles ont été violemment érodés pendant cette nuit-là, et des sites que l’on croyait stabilisés ont été sérieusement endommagés après le passage de la tempête Petra, dans un contexte de très fortes marées astronomiques (coefficients 113/114 le samedi). Après cet épisode,  des dégâts importants ont été repérés par des correspondants bénévoles locaux dans la zone de Plougrescant (Côtes d’Armor), Locquirec, Saint-Jean du Doigt ou Santec (Finistère), ce qui nous a rapidement conduits à constater, sur le terrain, les effets des tempêtes.

A Plougrescant, la falaise de Porz Hir a reculée de 2m dans la nuit de samedi à dimanche et le dépôt de briquetage à été endommagé par l’action des vagues, même avec la protection de l’enrochement, comme nous a signalé Patrick Hamon.

Site de briquetage de Pors Hir

A Saint-Jean du Doigt par contre, François Le Gall nous a signalé l’apparition d’un site archéologique que n’avait été pas identifié dans la microfalaise de la plage, une intervention rapide etait donc nécessaire pour observer le site trop exposé maintenant à les intemperies.

Falaise de Saint-Jean du Doigt après la tempête

Au Moulin de la Rive de Locquirec, l’habitat de l’âge du Fer fouillé partiellement dans les années 1970 a beaucoup suffert après la tempête et des mesures de protection seront envisagés avant la disparition du site parles effets de l’érosion.


Erosion de la falaise par les eaux de ruissellement

Erosion du littoral : les archéologues rennais sonnent l’Alert

« Les tempêtes hivernales qui grignotent le littoral breton détruisent aussi des sites archéologiques côtiers. À Rennes, des chercheurs ont créé le réseau ALeRT pour inventorier les dégâts et créer des cartes de vigilance. »

Un article de Rennes Métropole paru en mars 2014, à lire ici.

Erratum : « Les dunes de Pors Hir ont reculé de trois mètres en une nuit. Une partie considérable d’un site de fabrication de briques datant de l’âge du fer, connu depuis 2000, a disparu du même coup » : le site de Pors Hir est un amas de briquetage, lié à la production de sel.

L’érosion du tertre funéraire de Lédénez Vraz de Kemenez

L’archipel de Molène à l’ouest de la Bretagne est spécialement riche en sites préhistoriques. L’important nombre de menhirs et de structures funéraires néolithiques est l’une des caractéristiques principales de l’archipel, ce qui a même permis à certains de suggérer qu’il s’agissait là d’une grande nécropole, un archipel pour les morts, même si les dernières recherches montrent de plus en plus d’indices probants d’une occupation humaine pérenne sur ces îles. Il n’en demeure pas moins que l’archipel de Molène est l’une des principales concentrations en vestiges mégalithiques en Bretagne. Sur l’île de Kemenez, les prospections organisées au début des années 2000 par Y. Pailler et Y. Sparfel ont permis de repérer plusieurs monuments mégalithiques: sur l’île principale de Kemenez existent deux concentrations de mégalithes, la plus importante à la pointe de Beg ar Groac’h à l’ouest.  Sur l’îlot de Lédénez Vihan, un tumulus et un alignement de dalles plantés ont été repérés.  Au nord de cet îlot, suite aux grandes tempêtes du mois de mars 2008 David et Soizic Cuisnier, exploitants de la ferme insulaire, ont remarqué deux alignements de dalles de chant découverts par la houle. Ces alignements forment un ensemble mégalithique avec un coffre funéraire dans la partie centrale, ensemble fouillé par Y. Pailler, H. Gandois en 2010. Puis,  suite aux grandes tempêtes du mois de février 2014 qui ont balayé tout le littoral breton et surtout la côte occidentale, l’alignement nord et le coffre ont totalement disparu. Certaines des dalles de l’alignement nord (de plusieurs centaines de kilos parfois) ne sont simplement plus visibles aux alentours, l’alignement sud, encore relativement protégé par les restes de micro-falaises a un peu mieux résisté. En même temps, la présence de l’archéologue Henri Gandois sur l’île pendant le passage de la tempête a permis d’assurer le suivi archéologique des sites et de constater l’apparition et disparition de sites archéologiques en une seule journée.

Tertre funéraire vu vers l'est avec restitution de l'alignement nord disparu après la tempête

Vidéo de l’érosion de la falaise à Kemenez, par H. Gandois

Bretagne Magazine

Le projet ALeRT a été présenté dans le dossier « Spécial Tempêtes » de Bretagne Magazine (novembre-décembre 2013, n°74). Marie-Yvane Daire, archéologue et directrice de recherche au CNRS et coordinatrice du projet ALeRT depuis 2006, montre dans ce reportage la problématique de l’érosion littorale en Bretagne, la perte d’information patrimoniale et scientifique et l’importance de la collaboration de la société en la protection du patrimoine archéologique.